C'est l'histoire de la fois où les joueurs du PSG ont mis un énorme vent aux journalistes en zone mixte

FOOTBALL Malgré la victoire, les buts et les records, les joueurs du PSG ont pris la tangente pour éviter de parler à la presse...

Aymeric Le Gall

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Le PSG invente le concept de zone mixte sans joueurs de foot.
Le PSG invente le concept de zone mixte sans joueurs de foot. — Aymeric Le Gall
  • Après les matchs, les joueurs sont censés passer par la zone mixte où se trouvent les journaliste pour échanger quelques mots avec eux. 
  • Après la victoire du PSG contre le Celtic, aucun n'a fait l'effort de s'arrêter pour livrer leur analyse du match. 
  • La plupart ont même quitté le Parc des Princes par une porte dérobée.

De notre envoyé spécial dépité, au Parc des Princes

« Pire que des nanas… » Affalée sur la barrière qui sépare les joueurs des journalistes dans la zone mixte du Parc des Princes, une consœur perd patience. « Non mais c’est vrai quoi, même moi je mets moins de temps à me préparer », lâche-t-elle en se marrant. Il faut dire qu’elle n’a pas tout à fait tort. En jetant un coup d’œil à notre montre (la Flik Flak indique 23h42), on se rend compte en effet que la rencontre face au Celtic est terminée depuis plus d’une heure. Pourtant, à part Julian Draxler et Layvin Kurzawa, qui nous ont mis un aussi beau vent que celui que s’est mangé Serge Lama avec Alessandra Sublet, personne à l’horizon.

A la différence de son coéquipier à la barbichette toujours bien taillée, le gardien du PSG Alphonse Areola a au moins fait l’effort de gratifier les journalistes de son plus beau sourire. C’est une maigre consolation mais on prend. Car pour le reste, il faudra repasser. « C’est toujours ici la zone mixte ou ils l’ont changée de place ? », plaisante un autre journaliste. En voyant les joueurs du Celtic s’arrêter pour discuter avec les médias écossais, on a notre réponse : oui, c’est bien ici la zone mixte. « C’est quand même un comble, ce sont ceux qui se prennent une branlée qui s’arrêtent pour causer ! », lâche un journaliste à deux doigts de lancer une charge collective vers le vestiaire des Parisiens. Et c’est vrai que même s’ils tirent une gueule de quinze mètres de long, les hommes de Brendan Rodgers font le job, eux.

00h02, toujours rien. Là, ça commence à sentir le sapin…

« Bon ben on va peut-être interviewer les gars de la sécu, hein », enchaîne un autre de nos confrères sur le ton de la plaisanterie. Enfin, on croit, car pendant une fraction de seconde on s’est tous demandé si ce n’était pas une idée à creuser. Oui, dans les moments de doute, chaque proposition, même les plus loufoques, gagne en crédibilité. « Moi je leur donne dix minutes et après je me casse », prévient un journaliste.

C’est à ce moment-là que Dani Alves pointe le bout de son nez. Sauvé ! Et ben même pas. Après s’être arrêté deux minutes chrono devant les caméras brésiliennes, le latéral droit parisien passe devant nous sans nous accorder le moindre mot. Enfin si, une sorte de cri du genre « youhouuuuuu ». On ne sait toujours pas ce que ça voulait dire, mais le temps de se poser la question, le joueur avait déjà disparu…

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Après Dani Alvès, c’est son pote Neymar, fringué comme le Michael Jackson de la grande époque, qui dribble la presse et file comme le vent vers la sortie du stade. Ce moment de solitude intense nous aura au moins permis de comprendre ce que ça fait que de se faire éliminer par le n°10 parisien. Réponse : mal. Très mal, même.

00h10. Y a quelqu’un ?

Alors que l’espoir de pouvoir parler à un joueur de cette soirée historique pour le PSG s’amenuise, le journaliste de tout à l’heure a mis sa menace à exécution : « Allez, j’me casse ». Pour ne pas finir par en faire de même, la clique journalistique improvise un top 10 des plus longs poireautages en zone mixte au Parc des Princes. « Le pire c’était lors de la der' de Zlatan, le mec avait déboulé à une heure du mat'. » On tient le gagnant.

Finalement, à minuit et quart, ce que tout le monde redoutait se produit. L’attaché de presse du PSG s’approche de la meute, avec la mine de celui qui sait qu’il va se faire allumer alors qu’il n’y est pour rien. « Ils ne viendront pas… Je suis désolé. » « C’est dingue ça… conclut la journaliste du début. Normalement il y a toujours un ou deux joueurs qui viennent faire le service après-vente. »

« C’est un scandale, j’ai jamais vu ça. Club de merde… », lâche un homme pour qui cette histoire n’a vraiment rien de drôle. Il est minuit et demi quand la zone mixte se vide définitivement, et nous voilà dans la rue, avec une seule question en tête : « Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir écrire pour demain, moi ? Je ne vais quand même pas raconter ce "rien"… » Et ben si, la preuve.