Bulgarie-France: Ca ressemblait plus à du catch que du foot? Les Bleus ont pris leur pied quand même

FOOTBALL Deschamps et ses joueurs étaient satisfaits d’avoir mis l’intensité nécessaire pour résister à la pression de la Bulgarie chez elle (0-1)…

Julien Laloye

— 

Corentin Tolisso a pris cher en Bulgarie, mais il a rendu les coups.
Corentin Tolisso a pris cher en Bulgarie, mais il a rendu les coups. — FRANCK FIFE / AFP

De notre envoyé spécial,

« Vous n’êtes jamais contents, les gars ? ». Ce n’était pas tout à fait dit comme ça, mais c’était l’idée. Au micro des suiveurs bougons de s’être gelés les miches en tribunes pour voir une équipe de France gagner un match à deux tirs cadrés après beaucoup trop de souffrance, les Bleus ont pris des airs outrés. Le Mondial d’abord, le spectacle après, peut-être. Pas leur problème.

>> A lire aussi: Bulgarie-France: Un but de Matuidi et au lit (enfin en barrages, au moins)

Deschamps a mis la première couche en conférence de presse. « La France ne s’était jamais imposée ici (depuis 1932), les quatre autres équipes se sont cassé les dents ici. On voulait les trois points pour avoir les cartes en mains. Les valeurs morales, je ne vais pas m’en satisfaire, mais c’est quelque chose d’important dans un contexte d’intensité et d’agressivité ».

Tout le monde a récité la leçon. C’est simple, on a eu l’impression d’assister à un débriefe d’une opération militaire dans un pays en guerre.

Dans le rôle de l’adjugent chef un peu pervers qui aime quand ça fait mal >>> Antoine Griezmann

Il nous arrive de plaindre le garçon quand on le voit se démener comme un galérien avec l’Atletico, mais on se fait du souci pour rien. Il adore ça, le bougre. « On a été des soldats sur le terrain, moi j’aime ce genre de matchs où il faut défendre pour l’équipe. Le coach me disait d’aller devant pendant le match mais je préférais rester derrière pour défendre ».

Dans le rôle du bizut premier de la classe toujours au garde à vous >>> Corentin Tolisso

Pour ceux qui se demandaient dans quel monde on pouvait préférer Tolisso à Rabiot, ils ont leur réponse. Dans un monde où l’adversaire vise la glotte comme s’il avait une revanche à prendre sur l’histoire qui a fait de ce grand pays de foot une nation de troisième zone. Un monde où il pleut des cordes, un monde où le ballon est une affaire secondaire, un monde où les protège-tibias sauve des vies, comme la ceinture de sécurité en voiture. Dans ce monde-là, donc, Tolisso prend son pied, et pas mal de semelles. Il en distribue aussi, et son engagement était indispensable en début de seconde mi-temps, quand la Bulgarie poussait fort.

« On savait qu’on allait devoir batailler, parce que c’est une équipe qui met beaucoup de coups, on a su répondre présent sur le plan athlétique. Je sais qu’il faut que je muscle mon jeu, je savais que ce serait un bon test pour moi. Il fallait être le plus agressif possible en gardant mon calme ».

Dans le rôle du capitaine de compagnie fier de ses troupes >> Hugo lloris

« Tout le monde était soulagé dans le vestiaire, même si ça se ne se voit pas comme ça parce qu’on est tous très fatigués. C’était plus un combat qu’autre chose. On n’a pas pu mettre la qualité dans le jeu, parfois il faut savoir se contenter du minimum surtout dans les matchs à enjeu. Le contenu, je suis persuadé qu’il sera bien meilleur au stade de France ».

Les promesses n’engageant que ceux qui les croient, on attendra avant de parler joga bonito. Mais reconnaissons que le contexte ne poussait pas aux grandes envolées. Un but rapide (trop ?), une équipe très engagée en face (on a compté six ou sept cartons pour les Bulgares), une pelouse gorgée d’eau, et un enjeu considérable. Tout autre résultat qu’une victoire aurait mis le finaliste de l’Euro 2016 dans la panade. Le mot de la fin pour Blaise Matuidi, le buteur. « On a fait un match d’hommes, on a été des vrais guerriers sur le terrain ce soir, il fallait se sortir les tripes. Bravo à tout le monde ». Et tant pis pour les rabat-joie.