Football Leaks: «On va parler de clubs et de joueurs français», prévient Mediapart

FOOTBALL Le site d'information fait partie du consortium qui a révélé la fraude fiscale de Cristiano Ronaldo vendredi...

Romain Baheux

— 

La rédaction de Mediapart.
La rédaction de Mediapart. — MARTIN BUREAU / AFP

Sept mois de boulot, trois journalistes affectés à temps plein et l’équivalent de 500.000 Bibles analysées. Autant vous dire que vendredi à 21h, la rédaction de Mediapart a savouré le moment où elle a enfin publié, en simultané avec douze titres de la presse internationale, ses révélations issues des Football Leaks, série de documents affirmant que Jorge Mendes, l’agent de Cristiano Ronaldo, aurait dissimulé 188 millions d’euros au fisc via des montages offshore.

« Quand on a su pendant l’Euro que Ronaldo mettait de l’argent dans des paradis fiscaux, on avait les doigts qui brûlaient. Mais on n’a rien dit, on voulait aller jusqu’au bout de l’enquête et être blindé, raconte Michaël Hajdenberg, l’un des trois journalistes mis sur le dossier. On ne parle pas d’un ou deux joueurs qui font des affaires dans leur coin mais de quelque chose d’extrêmement fréquent. »

>> A lire aussi : Football Leaks: Cinq choses à savoir sur Jorge Mendes, l'agent de Cristiano Ronaldo au coeur du scandale

En collaboration avec des informaticiens, le consortium de journaux a mis au point ses propres moteurs de recherche pour aller dénicher les infos dans les 18 millions de documents analysés. Au fil des jours, l’enquête a progressé via un système de discussions cryptées. Et le scandale qui a éclaté vendredi ne constitue que le coup d’envoi de trois semaines de révélations.

« On ne va pas tout lâcher maintenant, mais le football est une économie mondialisée avec des intérêts très puissants, poursuit le journaliste de Mediapart. En travaillant sur ce dossier, on a croisé la route de clubs et de joueurs français dont on va parler dans les prochains jours. »

Et si votre dribbleur préféré se retrouve cité dans l’affaire, n’allez pas dire qu’il ne s’agit que d’un problème privé. « On parle de personnes à qui la société donne déjà beaucoup, enchaîne Michaël Hajdenberg. Les gens paient des places au stade, des chaussures ou des maillots et une partie s’envole vers les Iles Vierges au lieu de financer ces stades ou les routes y menant. On est tous victimes de l’évasion fiscale. »