France-Suède: Mais pourquoi Deschamps a fait un seul changement, et aussi tard ?

FOOTBALL Le sélectionneur a décidé de n’utiliser aucun des jokers offensifs de son banc de touche malgré le score accroché (2-1)…

Julien Laloye

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Didier Deschamps, le 11 novembre 2015 au Stade de France.
Didier Deschamps, le 11 novembre 2015 au Stade de France. — Zemanek/BPI/Shutterstoc/SIPA

Au Stade de France,

Ils ne sont pas rentrés sur le terrain, pourtant, on espère que Gameiro et Dembélé ont eu le droit de prendre une douche comme les titulaires. Les deux hommes, qui s’échauffaient juste sous notre nez, ont passé 40 minutes à multiplier les sprints et les pas chassés pour rien. Didier Deschamps avait choisi de snober ses remplaçants, puisqu’il a seulement utilisé Kanté cinq minutes en fin de match à la place de Griezmann pour solidifier le milieu.

« C’est très rare, a concédé le sélectionneur aux micros des radios. En général, je fais des changements plus tôt et j’en fais plus. Mais ce soir, je n’en voyais pas l’utilité ». Une option qui se défend, au vu du scénario du match et du calendrier ?

  • Pourquoi sortir Giroud, alors que son jeu aérien a été bien utile pour soulager la défense tricolore en fin de match ?
  • Pourquoi ne pas sortir Griezmann plus tôt ? On parle du meilleur joueur français, un gars qui va peut-être faire podium du Ballon d’Or dans un mois.
  • Sissoko, tout brouillon vendredi ? Il permet d’équilibrer le milieu ?
  • Payet ? C’est lui qui débloque tout avec une passe décisive et un but, ça aurait été couillon de l’envoyer sur le banc.
  • Le deuxième match est amical, donc personne n’a besoin d’enchaîner contre la Côte d’Ivoire

 

Bref rien de scandaleux à signaler, si ce n’est une frustration qui nous taraude depuis l’Euro, où tous les joueurs offensifs du groupe censés faire la différence en sortant du banc s’étaient plantés lamentablement (aucun but et aucune passe décisive pour la triplette Coman, Gignac, Martial). Cela ne s’était pas vu jusqu’en finale, où le poteau malheureux de Gignac a sanctionné cette absence d’alternatives. Moins une absence qu’un choix d’ailleurs. Deschamps mise tout sur son onze de départ, qu’il a désormais ébien en tête, et on sent que le plan B n’existe pas vraiment.

Contre la Suède, tout le monde a vu la même chose dans ce 4-4-2 installé pour mettre Griezmann dans un fauteuil.

  • Deux milieux excentrés, Payet et Sissoko, qui passent leur temps enfournés (et enfermés) dans l’axe. « Les joueurs étaient arrêtés et les quatre joueurs offensifs étaient au milieu de 8 joueurs. On a eu le ballon mais peu d’espaces et de profondeur », a reconnu DD.
  • Deux latéraux qui, du coup, se retrouvent condamnés à centrer et centrer encore après chaque dédoublement puisque leurs milieux se sont carapatés dans l’axe. Petit indice : c’est dur de marquer sur des centres quand on joue des golgoths d’1m96 en face, même si le but de Payet est consécutif à une longue saucisse de Sidibé qui lui arrive dessus un peu par miracle (et après un hors-jeu de Grizou).
  • Deux attaquants qui se marchent un peu dessus quand ils ne sont pas dans un grand soir, entre Giroud qui fait le plot et Griezmann qui manque des grosses occasions pour son talent.

 

Kevin Gameiro a marqué des points contre la Bulgarie, le 7 octobre 2016.
Kevin Gameiro a marqué des points contre la Bulgarie, le 7 octobre 2016. - CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

 

On est bien d’accord qu’on leur cherche des poux et que le plan A marchera 90 % du temps, mais peut-être faudra-t-il compter sur un plan B de secours à un moment donné pour gagner la Coupe du monde 2018. Lequel pourrait se résumer, en gros, à trouver un usage à tous ces attaquants monstrueux qui arrivent ou qui sont déjà là. Martial et Coman sont dans le dur, mais vendredi, Fekir ou Dembélé, de par leurs profils (un dribbleur et un ailier) auraient pu apporter un peu de variété, en attendant Lacazette, Lemar, ou même le retour de Benzema, qui sait. Ce serait dommage de laisser tout ce beau monde sur le banc ou en tribunes à chaque fois, non ?