PSG-Bâle: Les Parisiens trop bien payés pour ce qu'ils font

FOOTBALL Malmenés par une équipe bâloise audacieuse, les joueurs d'Emery ont eu l'immense chance d'ouvrir le score pour dérouler ensuite (3-0)...

Julien Laloye
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Lucas a donné de l'air aux Parisiens face à Bâle.
Lucas a donné de l'air aux Parisiens face à Bâle. — Christophe Ena/AP/SIPA

Au Parc des Princes

Un score trompeur pour une soirée difficile. Dans la lignée de ses dernières sorties souffreteuses, le PSG a encore remporté un match en diffusant plus d’inquiétudes que de promesses. Il aurait même dû être mené largement avant l’ouverture du score heureuse de Di Maria sur sa seule attaque de la première mi-temps. La suite n’a pas été bien meilleure, même si Lucas, puis Cavani, ont donné plus d’épaisseur au succès parisien (3-0). Mais comme Arsenal en a planté le double (6-0) contre Ludogorets, Paris reste deuxième de sa poule avant de retrouver Bâle dans quinze jours.

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Paris ce soir, c’était Jean-Michel Chatard

Il ne s’agit pas d’insulter l’avenir, et peut-être que le PSG est promis à des sommets vertigineux au printemps, mais ça va lui faire pas mal d’escaliers à monter d’ici là. La première demi-heure des joueurs parisiens a été consternante, et une équipe avec un tout petit peu plus de talent offensif et de réussite en face aurait donné à cette soirée des airs de grande catastrophe. Mais Bâle a ressemblé à l’OL la veille, en pire. Trois poteaux et un duel servi chaud face à Aréola manqué bien comme il faut, ça vous désespérerait même un Jean-Marc Morandini de faire de la télé. D’ailleurs cette trop aimable équipe bâloise nous a quitté après le but de Di Maria sur la première action parisienne vaguement construite. Mettons-nous à leur place, il y avait de quoi avoir les boules.

Paris ce soir, c’était toujours autant le bazar

On s’était déjà fait la réflexion après la victoire courtichonne à Nancy le week-end dernier. Depuis quelque temps, le niveau jeu du PSG nous fait la même impression que le niveau de français d’Emery. C’était très séduisant au début, puis ça s’est mis à stagner sévèrement. Pourtant l’entraîneur espagnol a remisé au placard ses envies de révolution. Il joue avec les mêmes que Laurent Blanc et dans le même dispositif, pour être bien sûr. Il faut croire que le Président ne faisait pas que jouer au golf entre deux entraînements, tant la différence de maîtrise entre le PSG 2015 et le PSG 2016 est flagrante. Même dans l’engagement et le don de soi, la grande obsession du Basque, on ne sent pas toujours des joueurs désireux de se corrompre dans un effort indigne de leur statut. Mais Paris gagne quand même, en attendant de séduire, si ça doit arriver un jour.

Paris ce soir, c’était aussi le retour des ultras

Le PSG des Qataris a souvent été raillé pour avoir une grande équipe et un tout petit public. Contre Bâle, c’était un peu l’inverse, grâce au retour surprise des ultras. Après une première plutôt réussie face à Bordeaux, le Collectif Ultra Paris avait renoncé à se rendre au Parc à cause des mesures de fliquage imposées par la préfecture. Mais les tractations avec le club n’ont jamais cessé, conformément aux désirs de Nasser Al-Khelaïfi de voir l’ambiance revenir au Parc. Si les meneurs ont encore dû rester à l’extérieur mercredi, ils ont été plusieurs centaines à donner de la voix comme à la belle époque et même la mauvaise, quand ça ne jouait à rien sur le terrain en première mi-temps. Quatre jours avant le classique, c’est une belle nouvelle pour le foot français et pour le spectacle en tribunes.