C'est déjà la crise de septembre au PSG? Pas de panique, Paris est loin d'être à 100%
FOOTBALL•Les Parisiens ne brillent pas encore ? Pas d’inquiétude, ça va venir…William Pereira
Vendredi, le PSG a concédé . Deuxième séisme et deuxième vague de catastrophisme dans la foulée : ce PSG-là est nul, est en crise et ne va rien faire cette saison.
Dans un réflexe classique, la footosphère cherche un coupable et tire dans tous les sens. Un coup sur , l’autre sur Cavani, la fois d’après sur Di Maria. Oui, la saison parisienne a de grandes chances d’être moins bonne que la précédente. Mais doit-on vraiment tirer la sonnette d’alarme après seulement sept journées ? La réponse est évidemment NON.
Le début de championnat, c’est souvent n’importe quoi
A part en 2015-2016, le PSG n’a jamais dominé la Ligue 1 de A à Z. Parce que le début de saison, c’est toujours un peu yolo, le temps que tout se mette en place, quoi. D’ailleurs, avec 13 points en points en 7 matchs, le Paris version 2016-2017 fait aussi bien que celui de 2014-2015 (futur champion avec 89 points). On s’est même mis à fouiller pour voir ce que donnaient les différents PSG version Qatar depuis 2011-2012 au même stade de la compétition.
- 2011-2012 : 4e (1er à la 8e journée)
- 2012-2013 : 2e (1er à la 9e journée)
- 2013-2014 : 2e (1er à la 10e journée)
- 2014-2015 : 2e (1er à la 30e journée !)
- 2015-2016 : 1er (depuis la 2e journée)
La moitié de l’effectif n’est pas encore à 100 %
Le PSG connaît le même problème qu’au lendemain de . Une grosse fatigue pour les internationaux, des retours à l’entraînement tardifs, une préparation tronquée, et éventuellement des blessures. La liste de courses est savoureuse :
- Angel Di Maria (Copa América, fin de saison le 26 juin)
- Edinson Cavani (Copa América, fin de saison le 13 juin)
- Javier Pastore (Copa América, fin de saison le 26 juin + revient de blessure)
- Marquinhos (JO 2016, pas de vacances/début de saison le 22 juillet)
- Blaise Matuidi (Euro 2016, fin de saison le 10 juillet)
- Grzegorz Krychowiak (Europa League + Euro 2016, fin de saison le 30 juin)
- Thomas Meunier (Euro 2016, fin de saison le 1er juillet)
- Jean-Kévin Augustin (Euro U19, fin de saison le 24 juillet)
- Marco Verratti (revient de blessure)
- Thiago Silva (revient de blessure)
Bref, tous ces gars-là ne sont certainement . Vu sous cet angle, ça fait même peur. Car tout le monde ne colle pas des 6-0 à Caen sans être à 100 %.
Le PSG entame un nouveau cycle, sans Ibrahimovic
Le PSG est une équipe en reconstruction, orpheline de son leader technique et humain, qui a changé d’entraîneur et donc de cycle. Impossible de la comparer à celle qui dominait outrageusement la Ligue 1 l’an passé. « Je suis très occupé à travailler pour améliorer, mais c’est un chemin difficile, long, l’équipe n’est pas habituée à perdre, explique Unai Emery. Aujourd’hui je suis optimiste pour l’équipe, le championnat c’est 38 journées, on est à la 7e. »
Là où ils s’en remettaient à Ibra quand ça n’allait pas trop, Paris doit désormais trouver une réponse collective. Et un collectif met du temps à se mettre en place. Comme le dirait le philosophe Hatem Ben Arfa « ».
Emery est nul ? Ancelotti avait eu besoin de plusieurs mois d’adaptation
A son arrivée dans la capitale, – on parle d’un type qui collectionne les Ligue des champions – avait éprouvé autant difficultés à s’adapter à la Ligue 1 qu’Unai Emery, sinon plus.
Tout grand entraîneur qu’il est, l’Italien a eu besoin d’une bonne demi-saison pour comprendre les rouages du championnat de France avant d’écraser la concurrence. Unai Emery mérite également qu’on lui accorde une période d’essai un peu plus longue qu’un mois et demi.
Les autres favoris ne profitent pas de « la crise » parisienne
A part l’AS Monaco, les gros poissons sont tous derrière le PSG. Et puis l’avance des hommes de Leonardo Jardim est toute relative. Ces derniers comptent trois longueurs d’avance sur ceux de la capitale, autrement dit, pas grand-chose. Surtout dans une Ligue 1 où une demi-douzaine de victoires de suite peut quasiment vous assurer un titre de champion.
Bref, Paris a encore un peu de marge, surtout en L1. C’est à se demander si tout le battage autour de la mise au placard d’Hatem Ben Arfa n’a pas contribué à l’exagération d’une prétendue mauvaise situation sportive. Dont on se rend compte, avec un peu de recul, qu’elle n’est pour le moment pas si critique.


















