Euro 2016: Il s'est passé quoi au juste durant cette mi-temps qui a métamorphosé les Bleus?

FOOTBALL Menée et en galère à la pause (0-1), l'équipe de France a changé de visage pour renverser l'Irlande ce dimanche (2-1). On vous explique ce qui s'est passé...

Jérémy Laugier (avec J.L.)

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Didier Deschamps et Patrice Evra ont été deux des acteurs majeurs de cette mi-temps qui a changé l'Euro des Bleus face à l'Irlande.
Didier Deschamps et Patrice Evra ont été deux des acteurs majeurs de cette mi-temps qui a changé l'Euro des Bleus face à l'Irlande. — SIPANY/SIPA

A Lyon,

Le plan de route de la lose était parfaitement connu : un but concédé et un joli casse-tête allait s’offrir à cette équipe de France ce dimanche face à une muraille irlandaise. Une glissade malvenue de Rami, une intervention naïve de Pogba dans la surface et un penalty de Brady ont planté le décor après deux minutes de jeu. Pendant toute la première mi-temps, les partenaires d’Hugo Lloris ont réussi à se montrer à la fois fébriles défensivement et incapables de se créer des balles de but dignes de ce nom.

Ajoutez à ça deux avertissements synonymes de suspension [Kanté et Rami] et un agacement devant les gains de temps de la Green Army [oui oui, dès la 8e minute de jeu], et vous comprendrez qu’il fallait un bel électrochoc à la mi-temps. « Il y avait une grande frustration et une colère à ce moment-là, reconnaît Patrice Evra. On a tous parlé, que ce soient les leaders et le coach. On ne pouvait pas sortir de ce tournoi dès les 8es de finale de cet Euro. »

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Même sans jouer la moindre minute, Christophe Jallet a un rôle

Que le taulier ultime des Bleus ait secoué le vestiaire, nous sommes habitués. Par contre, il est plus surprenant de découvrir que des remplaçants ont aussi joué un rôle clé. « J’ai vraiment un groupe et même ceux qui n’ont pas joué sont fixés sur le même objectif et ont parlé », indique ainsi Didier Deschamps.

Il ne fait guère de doute que Christophe Jallet fait partie de ces précieux hommes de l’ombre. Sur le premier but d’Antoine Griezmann, le latéral droit lyonnais s’est précipité pour féliciter son concurrent du poste Bacary Sagna, auteur du centre décisif (1-1, 58e). « C’est important de transmettre notre énergie depuis le banc. Il ne faut pas galvauder ce qu’on vit. C’est quand même une aventure exceptionnelle », confie l’ancien Parisien, qui ne devrait pas disputer la moindre minute dans ce tournoi.

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André-Pierre Gignac : « Le changement tactique a changé le match »

« Secouer le cocotier », comme l’évoque DD, n’aurait sans doute pas été suffisant pour montrer un tout autre visage dans ce 8e de finale. Les 56.000 spectateurs du Parc OL ont pu constater que le gaucher Blaise Matuidi était totalement perdu dans son rôle inédit de milieu droit en 4-3-3. En lançant Kingsley Coman à la place de N’Golo Kanté, dont l’engagement était un peu freiné par son carton jaune, le sélectionneur a redonné de l’allant offensif à son équipe.

« En plus de trouver les mots, il a fait le changement tactique qui a changé le match », souligne André-Pierre Gignac, qui a manqué des balles de break en fin de rencontre. Franchement, ce 4-2-3-1 a quand même de la gueule et il n’y a pas de raison qu’il soit seulement convaincant face à l’Irlande (2-1). Il a à la fois permis de relancer Matuidi, omniprésent en deuxième période, d’intégrer Coman et sa vitesse déroutante, mais surtout de placer le meilleur atout français Antoine Griezmann dans l’axe et plus proche du but. La plus grande réussite de cette mi-temps aux allures de tournant de l’Euro se situe en fait là.