Euro 2016: L’Islande est bien là «pour surprendre le monde»

FOOTBALL La modeste sélection islandaise a réussi un joli coup face au Portugal (1-1)…

Jérémy Laugier
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A l'image de cette accolade entre les défenseurs Ragnar Sigurdsson et Kari Arnason, l'Islande s'appuie avant tout sur une grande solidarité sur le terrain.
A l'image de cette accolade entre les défenseurs Ragnar Sigurdsson et Kari Arnason, l'Islande s'appuie avant tout sur une grande solidarité sur le terrain. — PHILIPPE DESMAZES / AFP

A Saint-Etienne,

« C’est un rêve qui devient réalité. » Les joueurs islandais ont eu la même réaction mardi après avoir réussi un joli coup pour leur premier match dans une grande compétition internationale. En égalisant à la surprise générale face au Portugal (1-1) à Geoffroy-Guichard, les partenaires d’Eidur Gudjohnsen (37 ans) ont déjà prouvé qu’ils pouvaient être bien plus qu’un petit poucet intimidé. Voilà en cinq points pourquoi on n’a pas fini d’entendre parler d’eux dans cet Euro.

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Ils ne voient pas leur présence à l’Euro comme un aboutissement

Après avoir échoué de peu dans la course au Mondial 2014, les Islandais pourraient déjà être comblés de participer à leur premier Euro. « Nous ne voulons pas nous contenter d’être là. Nous ne sommes pas là pour nous amuser et prendre quatre buts à chaque match », explique le milieu de terrain Runar Mar Sigurjonsson.

Déterminé à sortir d’une poule très abordable contre la Hongrie et l’Autriche, l’attaquant nantais Kolbeinn Sigthorsson va même plus loin : « Avec ce nul si important pour notre confiance, nous prouvons que nous sommes là pour surprendre le monde ».

Les rôles sont parfaitement définis

Cristiano Ronaldo et le Portugal ont vite pu se rendre compte mardi de l’impeccable discipline collective de l’Islande, où les statuts sont bien définis. « Chaque joueur connaît son rôle dans l’équipe. C’est quasiment toujours le même onze qui débute et personnellement, je ne réclame rien », confie Runar Mar Sigurjonsson, qui n’est pas entré en jeu mardi.

Ne comptez pas sur un joueur islandais pour faire part d’une frustration individuelle. Pas même Sigthorsson, réduit à des miettes à la pointe de l’attaque d’une équipe n’ayant eu le ballon que 34 % du temps contre le Portugal. « Je me fous de ne pas toucher davantage la balle. C’est si bon de faire le sale boulot devant lorsqu’on a comme récompense un pareil résultat », assure-t-il.

Il va falloir se les coltiner dans le domaine aérien

Avec quatre attaquants pointant à plus d’1,84 m dans sa sélection, l’Islande valide pleinement l’art du kick and rush. Evoquez son duel avec le si charmant Pepe et vous verrez les yeux de Sigthorsson briller.

« C’était sympa face à Pepe. Je crois que je l’ai bien contrôlé dans les airs ce soir », remarque le Nantais. Difficile de lui donner tort après la rencontre de mardi contre une Seleção en galère de la tête.

Ils sont programmés pour défendre à merveille

De même, une tactique résolument défensive est bien plus efficace si elle est acceptée par tout le groupe. Vous l’aurez compris, c’est parfaitement le cas pour l’Islande. « Notre jeu est très tactique, discipliné et agressif. Peu importe l’adversaire, notre système peut fonctionner contre tout le monde. Nous savons que nous sommes durs à battre », explique Runar Mar Sigurjonsson, qui aurait pu mieux s’y prendre pour inciter les spectateurs à suivre le rendez-vous face à la Hongrie samedi (18h).

Leur public les sublime

Hormis des rushs de Sigurdsson et Gudmundsson, il y a peu de chance que l’Islande nous fasse chavirer dans le jeu d’ici au 10 juillet (soyons fous). Par contre, les deux Irlande comptent depuis mardi un rival de taille en termes d’ambiance mise dans le stade, et même dans le centre-ville stéphanois.

« On a vu ce soir que nos supporters étaient bien plus bruyants que les Portugais, apprécie Runar Mar Sigurjonsson. 10 % de la population est en France en ce moment. Je n’arrive toujours pas à y croire… »

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