PSG: Les huit choses qu’on a cru lire entre les lignes dans la folle interview de Nasser al-Khelaifi

FOOTBALL Blanc out, Simeone in ?...

B.V.
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Nasser Al-Khelaïfi au Camp des Loges, le 31 octobre 2014.
Nasser Al-Khelaïfi au Camp des Loges, le 31 octobre 2014. — J.E.E/SIPA

A la lecture de son interview donnée au Parisien, on a ouvert des yeux encore plus grands que pendant une soirée sous ecsta. Très déçu par la saison ratée du PSG, le généralement si mesuré Nasser al-Khelaifi arrose comme pas permis sur tout ce qui bouge, mais « sans jamais citer de nom ». Entre les messages très clairs et les autres plus insinués, on a tenté de décrypter les principaux messages qu’a voulu faire passer « NAK ».

1) Il ne veut plus de Blanc (mais il est pas sûr de trouver mieux)

« Je le soutiens depuis trois ans. Maintenant, il faut penser à ce que nous ferons la saison prochaine pour construire un groupe plus fort au niveau européen ». Tout est dit dans cette phrase : Nasser al-Khelaifi a du respect pour son entraîneur, mais il se demande si 1) il est l’homme de la situation 2) il a vraiment le niveau pour gagner la Ligue des champions. Quelques lignes plus tard, le président du PSG détruit d’ailleurs son coach sans le citer : « Deux heures avant le match retour à Manchester, je savais qu’on allait perdre. Je ne sentais pas les joueurs et je l’ai dit à un membre du staff. Ils n’étaient pas prêts au combat. On a perdu avant de jouer. A qui la faute ? Cela ne doit plus se reproduire. ».

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Sauf qu’il ne dit pas clairement qu’il souhaite changer de coach - « de gros changements vont arriver, un nouveau cycle va commencer, vous verrez » - pour la bonne et simple raison qu’il est pas sûr de trouver mieux. Et que s’il ne trouve pas, Laurent Blanc sera toujours là l’année prochaine.

2) Il va tenter de faire venir Simeone

A ce niveau de drague, c’est quasiment du harcèlement. Dire que Nasser al-Khelaifi a de l’admiration pour l’entraîneur de l’Atletico Madrid Diego Simeone est un euphémisme. Version 1 : « J’ai un grand respect pour l’Atlético. Ils ont toujours beaucoup de motivation, ils méritent d’être allés en finale. C’est la deuxième fois en trois ans et ce n’est pas un hasard. ». Version 2, plus insinuée : « On a besoin de joueurs qui mangent le gazon, prêts à mourir pour le club et pour ce maillot. »

Et quand on sait que Simeone se pose des questions sur son avenir, on se met à croire que Nasser al-Khelaifi va tout faire pour recruter l’entraîneur le plus hype du moment. Genre lui proposer un énorme salaire et faire de lui l’entraîneur le mieux payé au monde. D’ailleurs, plusieurs médias ont annoncé vendredi matin que le PSG avait approché l’Argentin.

3) Moins de stars, plus de mecs de devoir : il va changer de politique de recrutement

Ronaldo, Neymar, Messi : c’est cuit. Nasser al-Khelaifi l’a compris et va changer de cibles, certes, mais surtout de tactique. Moins de stars qui prennent toute la place dans le vestiaire (coucou Zlatan), mais un collectif plus fort. « C’est un des changements du projet, explique NAK. On va recruter des joueurs qui apporteront encore plus à l’équipe. Au début, on a eu besoin de joueurs pour développer notre image. Aujourd’hui, grâce à eux, le PSG est connu partout dans le monde. »

Laurent Blanc lors de l'élimination du PSG sur le terrain de Manchester City (1-0) en quarts de finale de Ligue des champions, le 12 avril 2016.
Laurent Blanc lors de l'élimination du PSG sur le terrain de Manchester City (1-0) en quarts de finale de Ligue des champions, le 12 avril 2016. - BPI/Shutterstock/SIPA

Après, ça ne nous avance pas beaucoup plus sur le mercato parisien. Mais juste qu’il n’y aura sans doute pas de transfert à 100 millions cet été. Aussi parce que le Qatar n’a plus tout à fait les mêmes moyens qu’avant.

 

4) Il commence à flipper pour son poste

Et si le vrai mec en danger dans toute cette histoire était Nasser al-Khelaifi lui-même ? Alors que le bien informé site qatarinfos.net explique que l’Emir du Qatar lui a déjà prévu un remplaçant en cas de nouveaux échecs, le président du PSG se pose des questions. « Je le répète, c’est la première fois que nous échouons et je dois me poser les bonnes questions. Dois-je changer ma façon de diriger ? Dois-je changer les gens ? Dois-je changer de système ? Dois-je changer les joueurs ? Je réfléchis et de gros changements pourraient arriver. » Y compris, à terme, son départ ?

5) Il va prendre plus de place dans le vestiaire (et faire du Aulas ?)

Bon, là, c’est vraiment nous qui extrapolons. Mais on sent dans ses propos que la mollesse de ses joueurs face à Manchester City a traumatisé le président parisien. Et qu’à l’avenir, lui qui n’est pas trop du genre à s’immiscer dans la vie du groupe, pourrait venir claquer son coup de gueule à la mi-temps pour secouer ses hommes. C’est peut-être ce qu’il entend, eentre autres en déclarant : « Dois-je changer ma façon de diriger ? ».

6) Ça va bouger en interne

En dehors d’un changement possible d’entraîneur et du mercato sur le terrain, le PSG va bouger cet été. « De gros changements vont arriver, un nouveau cycle va commencer, vous verrez, répond-il quand le journaliste du Parisien lui demande si Laurent Blanc va continuer. En tout cas, si on continue comme ça à tous les niveaux, on ne va pas y arriver. » Entend-il par là une refonte de l’organigramme ? A priori, Olivier Létang va rester et Leonardo ne reviendra pas. Mais ça ne va pour autant dire qu’il ne va pas recruter un directeur sportif pour entourer Laurent Blanc (s’il est encore là)…

7) L’ambiance au Parc l’agace

C’est un débat qui agite depuis qu’il est arrivé à la présidence du PSG, en 2011. Le Parc « pacifié » est devenu une sorte de cathédrale sans ambiance. Et ça commence à l’agacer. Mais ça ne veut pas forcément dire qu’il rouvrira le dialogue avec les Ultras, même si… « Le seul terme que j’emploie est celui de supporteurs du PSG. Ma priorité restera toujours la sécurité mais on a besoin d’ambiance. On a un stade fantastique, l’un des plus beaux du monde. Si l’ambiance est chaude, je vous garantis qu’on gagnera tous nos matchs à domicile. »

8) Cavani va avoir sa chance

Il n’y aura donc pas d’immense star recrutée cet été par le PSG, et encore moins en pointe. Ceux qui pensaient voir arriver Higuain ou Lewandowski, par exemple, vont être déçus. Nasser al-Khelaifi veut faire confiance à Cavani, au moins une saison entière, dans son poste de prédilection d’avant-centre. « On a un buteur, un formidable buteur. Cavani est l’un des meilleurs au monde. Regardez ses buts tout au long de sa carrière. Cavani en pointe est l’un des meilleurs à ce poste. Pourquoi aller chercher ailleurs ? »

Edinson Cavani lors de la demi-finale de Coupe de la Ligue PSG-Toulouse, le 27 janvier 2016.
Edinson Cavani lors de la demi-finale de Coupe de la Ligue PSG-Toulouse, le 27 janvier 2016. - J.E.E/SIPA