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Billets d'avion, voiture ou bons de réduction... A la découverte des avantages en nature des footeux
FOOTBALL•C'est un point important dans les négociations...Romain Baheux (avec M. N.)
«Et les tickets resto, vous en avez ? » « Sinon, vous remboursez combien sur la facture de téléphone ? » « Ah oui, il n’est vraiment pas cher votre club de vacances à Sanary. » Nul besoin de vous envoyer en observation un an dans un cabinet de recrutement pour vous rendre compte que pas mal de salariés bénéficient d’avantages en nature en France.
Parmi eux, des footballeurs de notre Ligue 1 ou des échelons inférieurs, actuellement occupés par le mercato et des négociations dans un futur club. « Dans certains cas, ce point peut faire la différence, explique Thomas Buanec, agent licencié FFF. Ça contribue à donner une image favorable du club. Les joueurs qui ont une famille y sont encore plus attentifs. »
Mais de quoi parle-t-on dans l’intimité des négociations ? Certains pourront s'en étonner, mais on n'y débat pas de livraisons de caviar à domicile ou de plein de kérosène du yacht du beau-frère. Non, l’avantage en nature du footeux est beaucoup plus terre à terre. En France, on tourne essentiellement autour de trois points.
- Les billets d’avion remboursés par le club. Les intéressés ? « Les joueurs africains ou sud-américains », résume Eric Conti, agent basé dans le Nord. Lors de son arrivée au PSG en 2012, Thiago Silva avait négocié huit allers-retours France-Brésil réglés par la direction du club parisien. « Nous, on part du principe que le joueur étranger peut rentrer chez lui deux fois par an [lors de la trêve hivernale et l’été], poursuit Alain Deveseleer, directeur général des Girondins de Bordeaux. On paie un ou plusieurs billets, selon que le joueur est marié, a des enfants… »
- La mise à disposition d’un logement. ATTENTION, DANGER. De passage pour parfois quelques mois, certains ne sont pas toujours attentifs à la propreté du sol et à-ce-mur-blanc-où-il-est-interdit-de-mettre-le-moindre-cadre-mais-pourquoi-avez-vous-repeint-ça-en-violet. « On ne sait jamais ce qu’il peut se passer lorsque l’on rend le logement, constate le DG des Girondins. Il peut y avoir des dégâts et des frais en plus à verser pour le club. »
Ou des oublis du joueur. A Marseille, Florian Thauvin a eu des soucis avec le propriétaire de sa villa, pourtant payée aux deux tiers par l’OM. Le milieu offensif aurait omis de verser certains loyers et aurait laissé une ardoise de 30.000 euros, rapporte L’Equipe. Cette somme correspond d’ailleurs à l’enveloppe mensuelle allouée à David Beckham par le PSG lors de la demi-saison passée par l’Anglais dans un palace de la capitale.
- Le prêt d’une voiture. ATTENTION, DANGER BIS. Là aussi, certains antécédents refroidissent les clubs. L’intérieur du véhicule ravagé ou la montagne de PV impayés laissée avant de rejoindre le Qatar n’amusent pas franchement les dirigeants. Dans certains clubs, ce n’est même pas une option car la voiture est fournie directement par le sponsor. Avant son désengagement, Peugeot offrait ainsi l’un de ses modèles aux joueurs sochaliens. A Madrid, l’équipe et le staff du Real s’étaient vu chacun offrir une Audi pour fêter les 10 ans du partenariat entre le constructeur et le club espagnol en 2013. Sympa.
Le reste ? Pêle-mêle, on peut trouver des cours de langue, notamment à Bastia où on apprend les rudiments du corse aux joueurs qui débarquent du continent, le paiement du déménagement du joueur à son arrivée ou des choses un peu plus loufoques. « Dans des petits clubs, les joueurs peuvent se voir offrir des bons d’achat pour un supermarché des alentours, qui est souvent un sponsor », raconte Thomas Buanec.
En France, l’avantage en nature n’est pas l’option privilégiée des clubs car il est sujet à des charges conséquentes. « Ce n’est pas dans la culture, on préfère rajouter un peu plus de salaire directement sur la fiche de paie, poursuit Thomas Buanec. En revanche, pas un transfert ne se règle en Belgique sans y avoir recours. »
Au Royaume-Uni, la pratique a fini par intéresser le fisc. Il y a trois ans, il avait envoyé un questionnaire à une vingtaine de clubs professionnels de l’île tout en examinant les déclarations de revenus des joueurs. Une traque aux avantages non déclarés. « Nous ne parlons pas de quelques petits cadeaux. Ces gens sont multi-millionnaires, justifiait à l’époque une source du fisc britannique au Mail on Sunday. Nous ne ferions pas ça si nous ne pensions pas que cela peut rapporter beaucoup d’argent aux impôts. » Non, l’avantage en nature n’est pas un cadeau. Pour eux comme pour vous.


















