Mercato: Ils ont formé Pobga, ils attendent son transfert avec impatience
FOOTBALL•Roissy-en Brie et Torcy, les deux clubs formateurs du milieu français, toucheront une somme considérable en cas de transfert…Julien Laloye
C’est un peu comme si vous saviez que vous allez gagner au loto. L’année prochaine ou celle d’après, peu importe, c’est sûr, vous allez devenir millionnaire. Après, tout n’est plus qu’une question d’imagination: que faire de tout cet argent? Et bien, figurez-vous les petits veinards existent. Il s’agit des dirigeants de Roissy-en-Brie et de l’US Torcy, les deux clubs franciliens qui ont formé Paul Pogba dans sa jeunesse.
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Real Madrid, Barcelone, ou Paris, pour eux, le milieu turinois peut signer où il veut. Plus il y a de candidats, mieux c’est, même. Cela veut dire que le transfert coûtera cher, et un transfert qui coûte cher, c’est le mécanisme de solidarité instauré par la Fifa qui augmente d’autant. Ce dernier récompense les clubs quoi ont formé la future star entre 12 ans et 23 ans, en fonction du nombre d’années de formation et du montant du transfert. «On y pense, oui et non, nuance Christophe Axel, président de Torcy, où l’international français a passé une saison à 14 ans avant de filer au Havre. Moi je préfère parler de ce que je peux faire aujourd’hui plutôt que d’imaginer ce que je ferai avec de l’argent que je n’ai pas. Et puis de toute façon, ce serait au conseil d’administration d’en décider».
Paul Pogba avec l'équipe de France des moins de 17 ans, en 2008. - Panoramic
La réunion promet d’être intéressante. Car on ne parle pas de clopinettes, soyons clairs. Sur une base d’un transfert à 80 millions d’euros, des chiffres plausibles quand on parle de Pogba, Torcy et Roissy-en-Brie peuvent espérer récupérer chacun entre 500 000 et 800.000 euros. «Le budget annuel du club fois je ne sais pas combien, rêve tout haut Sambou Tati, président de Roissy et l’un des éducateurs de Paul Pogba, resté très attaché au club où il a appris le foot entre 6 et 13 ans. On sait que c’est un dividende qui tombera tôt ou tard et ce sera un gros bonus pour le club. Qu’est-ce que je pourrais acheter avec ça? Des minibus pour transporter les licenciés (un peu plus de 500, ndlr), on n’en a que deux et ce n’est pas assez. Ah et puis des machines à laver aussi, pour laver les maillots».
Là, Sambou se moque de nous gentiment, évidemment. Avec la moitié de 500 000 euros, on peut sûrement remplacer tous les arbres d’Ile-de-France par des machines à laver, ce qui est d’un intérêt limité. Dans les faits, Roissy, comme Torcy, ont fait depuis longtemps le choix économique de former de futurs joueurs pros, quitte à délaisser un peu les équipes fanion, qui évoluent au 10e et au 6e niveau du foot français. Le club de Christophe Axel compte au moins un joueur dans 70% des centres de formation de L1, et Sambou Tati, lui, peut espérer récolter les fruits de son travail avec les futurs transferts de Florentin Pogba (Saint-Etienne) et Nicolas Isimat-Marin, prêté par l’ASM au PSV Eindhoven avec option d’achat. «De quoi dormir sur nos deux oreilles», sourit-il. D’autant que le jackpot tombe à chaque nouveau transfert. Comme quoi la Fifa fait bien les choses quand elle veut.


















