Eurobasket: C'est nous ou la suite va être très compliquée pour les Bleus?

BASKET Il y a plus de raisons de douter que de s'extasier avant le début de la phase finale, samedi...

N.C. avec AFP

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Boris Diaw et Nando De Colo, les deux capitaines de l'équipe de France de basket, n'en mènent pas large avant les 8e de finale de l'Euro.
Boris Diaw et Nando De Colo, les deux capitaines de l'équipe de France de basket, n'en mènent pas large avant les 8e de finale de l'Euro. — Vid Ponikvar / Sportida/SIPA

La large défaite face à la Slovénie (95-78), lors du dernier de poule mercredi, a fait très mal au moral des Bleus. Et au nôtre, au passage. Surclassée, ridiculisée par moment, l'équipe de France est certes toujours en course à l'Euro de basket mais elle a montré d'inquiétantes lacunes lors de ce premier tour. Avant le 8e de finale contre l'Allemagne samedi, il y a au moins quatre bonnes raisons de douter. Et deux d'y croire un tout petit peu, quand même. 

Ils ne jouent pas ensemble

Les Bleus ont eu une fâcheuse tendance à chercher la solution par des actions individuelles. Dès le lendemain du premier match, perdu contre la Finlande (84-86), le sélectionneur Vincent Collet regrettait des prises d'initiative intempestives à l'origine d'une cascade de pertes de ballons (23 en un match). Le constat était approchant après la défaite contre la Slovénie (78-95) dans le dernier match de poule mercredi. «Mais quand on veut faire du 1 contre 5 ou quand en défense il n'y a que deux ou trois joueurs concentrés ça ne marche pas», peste Nando De Colo

Ils sont trop irréguliers

Les Bleus n'arrivent pas à maintenir la pression pendant 40 minutes, surtout en défense. C'était criant dès le premier match contre la Finlande, perdu malgré une avance de 8 points à 2 minutes de la fin. Cela s'est reproduit contre la Pologne (78-75) et la Slovénie. En oubliant la promenade contre l'Islande (115-79), les Bleus n'ont fait qu'un match plein, contre la Grèce (95-87). Individuellement, c'est la même chose. Même les leaders ont du mal à être présents à chaque match, à l'image du meneur Thomas Heurtel (23 points contre la Pologne, 4 le lendemain contre la Slovénie) et d'Evan Fournier (22,5 points de moyenne sur les deux premiers matchs, 7,5 sur les deux derniers). «En faisant ce qu'on fait depuis le début du tournoi, on ne peut pas prétendre aller beaucoup plus haut», a prévenu l'entraîneur.

Ils sont trop friables en défense

Difficile d'espérer accrocher une médaille en encaissant 81,5 points de moyenne par match (hors prolongation). Privée de Rudy Gobert et de Nicolas Batum, cette équipe de France n'a pas de vrai spécialiste de la défense, à part Axel Toupane, l'un des moins expérimentés du groupe. Les trous d'air sont trop nombreux. Mercredi, le compteur affichait déjà 17 points pour les Slovènes après cinq minutes. Collet n'a cessé de le répéter: un plus gros effort défensif est la condition indispensable à la réussite.

L'Espagne est sur leur route

Selon toute probabilité et s'ils passent l'obstacle allemand samedi, les Français vont retrouver leurs grands amis espagnols dès les quarts de finale. Ce serait le septième choc entre voisins en sept ans et le bilan de la période est de deux victoires et quatre défaites. Les Bleus ont perdu les deux derniers matchs en quarts de finale des jeux Olympiques de Rio et en demi-finales de l'Euro-2015 à Lille.

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Mais le potentiel est là

«Les joueurs sont bons», répète Vincent Collet, qui possède une panoplie de talents offensifs rarement égalée en équipe de France. Avec des extérieurs adroits (Evan Fournier, Thomas Heurtel, Nando De Colo, Edwin Jackson) et des intérieurs tournés vers l'offensive (Kevin Séraphin, Joffrey Lauvergne), la France marque beaucoup de points et fait souvent le spectacle. Si les shooteurs prennent feu, n'importe quel rival peut trembler.

Et ce n'était qu'un premier tour

«On arrive dans les matchs couperets et on sait que beaucoup de choses sont possibles même quand on n'a pas bien joué auparavant», rappelle Collet, qui parle d'expérience. Au Mondial-2014, ses joueurs avaient fini sur la troisième marche du podium en perdant deux matchs sur les cinq du premier tour. En revanche à l'Euro, ils n'ont jamais eu de médaille avec un bilan aussi mitigé à mi-parcours (1 défaite en 2013 avant de décrocher l'or, aucune en 2011 et 2015 avant de gagner respectivement l'argent et le bronze).