Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Adoubé par Merckx, Pogacar est-il le plus grand coureur de l’histoire ?

Championnats du monde : Après sa dinguerie à Zurich, Tadej Pogacar est-il le plus grand coureur de l’histoire ?

DEJA LE GOAT ?A 26 ans, Tadej Pogacar a une nouvelle fois ébloui le monde du cyclisme après sa victoire, dimanche, lors des Mondiaux de Zurich
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Fabuleux vainqueur des Mondiaux de Zurich, dimanche, après une attaque démente à 101 kilomètres de l’arrivée, Tadej Pogacar continue d’écrire sa légende.
  • A 26 ans, le Slovène a été adoubé par Eddy Merckx, lui aussi auteur du triplé Giro-Tour de France-Mondiaux en 1974.
  • Suffisant pour clore le débat sur l’identité du plus grand coureur de l’histoire ? On n’est plus très loin de le penser… comme Merckx lui-même.

La performance de cochon sauvage de Tadej Pogacar, dimanche, à Zurich, à l’occasion des championnats du monde de cyclisme, après une attaque quasi-suicidaire à 101 kilomètres de l’arrivée - du jamais vu dans l’histoire - a époustouflé la planète vélo. Même ses principaux concurrents, le Belge Remco Evenepoel et le Néerlandais Mathieu Van der Poel, n’ont pu se résoudre à faire comme si la victoire de dimanche n’était qu’un succès comme un autre.

« Bien sûr que j’étais surpris (par son attaque prématurée), a déclaré Evenepoel, cinquième sur la ligne d’arrivée. Il restait 100 bornes. Normalement c’est suicidaire de partir de si loin et, à un moment donné, ça en avait l’air car on s’est rapprochés dans le final ». Du côté de Van der Poel, qui a cédé sa couronne au Slovène avec le sourire, dimanche, tellement la performance de Pogacar l’a ébloui, le sentiment d’admiration est encore plus palpable.

« Je ne pensais pas qu’il allait le faire mais il nous a prouvé le contraire. Quand il est parti, j’ai pensé qu’il était fou. Il est tellement fort qu’il a réussi à résister jusqu’au bout. Il est exceptionnel. Il est plus fort que jamais. Quand on regarde sa saison, il mérite ce titre plus que quiconque, Et on a l’impression que ce n’est que le début. »

« Pogi » adoubé par le « Cannibale »

Troisième coureur seulement dans l’histoire à réaliser le triplé Giro-Tour de France-Mondiaux après Eddy Merckx en 1974 et Stephen Roche en 1987, Tadej Pogacar a reçu le plus bel éloge de la part du « Cannibale », dont le téléphone a logiquement surchauffé en fin de journée. « Ce qu’il a fait, c’est vraiment incroyable, je ne trouve pas les mots. Ce type-là est inégalable, a déclaré Merckx à nos confrères du Parisien. Quand il a attaqué, j’ai commencé à avoir peur pour lui, je me disais qu’il était parti trop tôt. Il faut être fou. C’est impossible normalement de gagner à 100 km mais il l’a fait. »

« Il est le plus fort de sa génération, il n’y a absolument aucun doute, embraye la légende belge. Vous savez, à mon âge (79 ans), il en faut beaucoup pour me bluffer. Là, il a réussi. Je pensais qu’il pourrait être champion du monde, jamais je n’ai imaginé que ce serait de cette manière. C’est vraiment le plus grand, bravo à lui. » Le plus grand, vraiment ? Devant Eddy Merckx lui-même ?

Encore sonné par la performance du triple vainqueur de la Grande Boucle, le (futur ex) GOAT a mis fin au débat alors que les spécialistes ne cessent depuis des années de comparer les deux monstres. « C’est évident qu’il est maintenant au-dessus de moi, a-t-il poursuivi chez nos confrères de L’Equipe. Je le pensais déjà un peu au fond de moi-même quand j’avais vu ce qu’il avait fait sur le dernier Tour de France mais ce soir il n’y a plus de doute. »

L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

De belles années devant lui

Des louanges qui valent tout l’or du monde et qui n’ont pas manqué de surprendre Stephen Roche. « Eddy a vraiment dit que Pogacar était au-dessus de lui ? Ça alors ! On ne peut pas trouver plus beau compliment », a-t-il assuré, toujours dans L’Equipe. Adoubé par la légende, Pogacar a d’une certaine manière déjà terminé le jeu.

Mais à seulement 26 ans, le Slovène ne devrait pas s’arrêter en si bons chemins, à bicyclette. Seulement quatre grandes courses manquent à son palmarès déjà parfaitement indécent : Paris-Roubaix, Milan-San Remo, le Tour d’Espagne et un titre olympique. Voilà de quoi occuper l’animal cet hiver, quand il s’agira de bâtir le planning de la prochaine saison. D’ici là, le nouveau champion du monde va pouvoir exhiber sa tunique arc-en-ciel lors des dernières courses de la saison, notamment le Tour de Lombardie le 12 octobre prochain. Vainqueur de trois dernières éditions, le glouton de Komenda s’y verrait bien là encore lever les bras.