Tour de France 2024 : Philipsen peut-il encore déshabiller Girmay du maillot vert ?
Suspense•Jasper Philipsen a comblé une grande partie de son retard au classement par points ce mardi, ce qui augure d’un duel acharné avec Biniam GirmayQuentin Ballue
L'essentiel
- La 16e étape du Tour de France a totalement relancé la course au maillot vert avec la victoire de Jasper Philipsen, conjuguée à la chute de Biniam Girmay.
- L’Erythréen, qui porte le maillot depuis la 5e étape, n’a plus que 32 points d’avance.
- Les deux hommes devraient se livrer une bataille féroce lors des sprints intermédiaires des trois prochains jours.
Les buts, c’est comme le ketchup : ils arrivent tous d’un coup, dixit Cristiano Ronaldo. Les sprints, c’est pareil. Placé mais pas gagnant à Saint-Vulbas et à Colombey-les-Deux-Eglises, Philipsen a ouvert son compteur à Saint-Amand-Montrond lors de la 10e étape. Il a récidivé à Pau vendredi et à Nîmes ce mardi, signant sa neuvième victoire sur le Tour de France. Charly Gaul, Joop Zoetemelk et Thor Hushovd ne sont plus qu’à une longueur. En attendant de les rejoindre en 2025, le sprinteur belge a encore une dernière case à cocher cette année : le maillot vert, qu’il avait ramené à Paris l’an passé, et qu’il peut espérer décrocher des épaules de Biniam Girmay d’ici à dimanche.
Trois sprints intermédiaires pour un maillot vert
Philipsen comptait encore 86 points de retard au départ ce mardi matin. Rédhibitoire, à moins d’un coup du sort… qui s’est finalement produit à 1.500 mètres de la ligne. Biniam Girmay a goûté au goudron dans un rond-point, perdant ainsi toute chance de se mêler au sprint final et de marquer des points. Une opportunité en or que le Belge a immédiatement saisie. Mis sur orbite par Mathieu van der Poel, le natif de Mol s’est imposé en patron devant Phil Bauhaus. L’écart n’est donc plus que de 32 points… Conséquent quand on sait qu’il ne reste plus d’arrivée favorable aux sprinteurs, mais les sprints intermédiaires (20 points pour le premier, 17 pour le deuxième, etc.) laissent entrevoir un espoir pour le serial winner de l’écurie Alpecin-Deceuninck.
La bataille commencera dès mercredi sur la route menant à la station de SuperDévoluy. Aucune difficulté majeure positionnée avant le sprint intermédiaire situé à Veynes, au 115e kilomètre de l’étape. Philipsen pourra donc y marquer des points, soit au sein du peloton, soit en se glissant dans l’échappée. Deux autres opportunités se présenteront. Jeudi, le sprint de Saint-Bonnet-en-Champsaur, au 84e kilomètre, arrivera après deux côtes de troisième catégorie. Sur le papier, rien d’insurmontable pour Philipsen ou Girmay si les jambes sont là. Vendredi, le sprint de Guillestre sera encore plus accessible puisqu’il se tiendra au bout de 21 bornes seulement.
Deux arbitres français
Girmay pourra toujours espérer que des échappées partent sans Philipsen, qui serait ainsi privé des plus gros points. Cependant, le Belge a montré que ses jambes étaient au rendez-vous, et on l’imagine mal lâcher le morceau alors qu’il est revenu du diable Vauvert dans cette course au maillot vert. Son coéquipier Axel Laurance s’est montré distant : « Si ça vient, tant mieux, si ça vient pas, c’est pas grave. Le but, c’était les victoires d’étapes. » Philipsen, lui, montrait davantage les crocs sur France TV. « On va continuer de maintenir la pression, ce n’est jamais fini tant qu’on n’est pas à Nice. C’est très bien d’être dans cette position, car même si ce sera compliqué, il reste quand même une raison de se battre. »
Alpecin-Deceuninck n’a de toute façon pas grand-chose d’autre à jouer au vu du profil des prochaines étapes. Mathieu van der Poel pourrait toujours essayer de s’échapper jeudi mais s’il faut choisir, la priorité sera probablement donnée à son coéquipier. Outre la réduction de l’écart mathématique, se pose la question de la condition de Girmay suite à sa chute. L’Erythréen a franchi la ligne trois minutes après ses collègues sprinteurs, bien amoché sur le côté droit, saignant du coude et du genou. Parti se faire soigner, il n’est monté sur le podium protocolaire qu’une grosse demi-heure après l’arrivée. « Il n’y a pas un problème, ça va », rassurait-il à l’arrivée lors de l’interview flash, avec le sourire.
Sera-t-il néanmoins en mesure de batailler dès mercredi, soit pour prendre l’échappée, soit pour tenir le rythme d’un peloton cadenassé par les Alpecin en vue du sprint intermédiaire ? Le doute existe. Anthony Turgis et Bryan Coquard vont également intégrer l’équation. Ce mardi, le coureur de Cofidis remporté le sprint intermédiaire aux Matelettes, devant Philipsen. Girmay s’est classé quatrième puisque Turgis est venu s’intercaler entre les deux rivaux, permettant à Philipsen de grappiller non pas deux, mais quatre points sur son adversaire. Respectivement troisième et quatrième du classement par points, Coquard et Turgis se battront jusqu’à Nice pour leur place d’honneur dans ce classement annexe. A défaut de ramener le maillot, ce sont peut-être les Français qui, en s’intercalant ici ou là, feront la différence dans la balance.


















