« J’ai de la chance d’être encore ici »… Bradley Wiggins revient sur ses années d’addiction à la cocaïne
The Drugs don’t work•Agé de 45 ans, le cycliste britannique, vainqueur du Tour de France 2012, s’est confié ce mardi sur les « quantités énormes de cocaïne » qu’il a consommées à la fin de sa carrière professionnelleJ.Lau. avec AFP
La poignante interview du jour est pour le vainqueur du Tour de France 2012 Bradley Wiggins sur le site The Observer. L’ex-quintuple champion olympique, âgé de 45 ans, reconnaît avoir souffert d’addiction à la cocaïne après sa retraite sportive. « Il y a eu des périodes où mon fils pensait qu’on me retrouverait mort le matin », confie-t-il dans cette interview publiée sur le web ce mardi. « J’étais accro mais personne ne s’en rendait compte. Pendant de nombreuses années, j’étais défoncé la plupart du temps », poursuit Sir Wiggins, anobli en décembre 2012 par la reine d’Angleterre.
Celui qui a mis un terme à sa carrière d’athlète professionnel en 2016 explique en avoir fini avec son addiction il y a un an et s’astreindre à des séances régulières de thérapie. « Je me sens bien plus en paix avec moi-même, indique-t-il. Avant, je prenais des quantités énormes de cocaïne. Je marchais sur un fil, j’ai compris que j’avais un immense problème, il fallait que j’arrête. J’ai de la chance d’être encore ici. »
« Si je bois un verre, j’achète de la drogue »
Evoquant les causes ayant provoqué son addiction, Bradley Wiggins, qui a très peu connu son père et dit avoir été la cible de sa jalousie, explique avoir été « victime de ses propres choix ». « J’avais déjà beaucoup de haine de moi-même, mais je l’amplifiais, indique celui qui est père de deux enfants. C’était une forme d’automutilation et d’auto-sabotage. Je n’étais pas la personne que je voulais être, j’ai pris conscience que je blessais beaucoup de gens autour de moi. »
Avant de constater sa difficulté à être dans la demi-mesure : « Il n’y a pas de juste milieu chez moi. Je ne peux pas juste boire un verre de vin. Si je bois un verre, j’achète de la drogue. Ma propension à l’addiction était un moyen d’alléger la souffrance avec laquelle je vivais ».
Armstrong prêt à lui financer une thérapie
Bradley Wiggins, qui s’est déclaré en banqueroute personnelle l’an dernier, souligne avoir été aidé par Lance Armstrong, ancien patron du peloton tombé en disgrâce et déchu pour dopage de ses sept victoires dans le Tour de France. Le Texan lui avait ainsi proposé de financer une thérapie.
Notre dossier sur Bradley Wiggins« Je suis encore en train d’apprendre beaucoup de choses mais ce que je suis parvenu à faire, c’est un bien meilleur contrôle de moi-même et de ce qui me fait agir, conclut Bradley Wiggins. Je suis bien plus en paix avec moi-même à présent, ce qui est déjà énorme. »


















