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AG2R-Citroën à la planche pour une 13e place au général… Au secours !

Tour de France 2023 : AG2R-Citroën à la planche pour jouer une 13e place au général… Sortez-nous de là !

CYCLISMEVincent Lavenu et Julien Jurdie candidatent officiellement au titre de meilleur épicier de France
Quentin Ballue

Quentin Ballue

L'essentiel

  • La douzième étape du Tour de France, remportée par Ion Izagirre (Cofidis) à Belleville-en-Beaujolais, a donné lieu à une bataille intense pendant les 83 premiers kilomètres, avant que l’échappée se forme enfin.
  • Non représentée à l’avant, l’équipe AG2R-Citroën a choisi de rouler pendant de nombreux kilomètres pour favoriser les desseins de Felix Gall, 16e du classement général au départ.
  • Fidèle à ses habitudes, la formation INEOS Grenadiers a elle aussi contribué à cette belle promotion pour les métiers de l’épicerie.

Nous y sommes ! Ce moment fantastique où le Tour de France entre dans une nouvelle phase. Celle des calculs d’épicier où, calepin en main, on commence à compter les cacahuètes pour remplir méticuleusement les cases de son tableau. Remarquez qu'on pensait quand même que ça attendrait la dernière semaine, mais il faut croire qu'on est naïfs. La formation AG2R-Citroën en a fait une superbe démonstration ce jeudi à quelques 70 kilomètres de l’arrivée. On s’est creusé la tête en voyant l’équipe française se placer en tête du groupe maillot jaune, au moment où l’avance de l’échappée approchait les quatre minutes. Mais pourquoi ? La réponse n’a pas de quoi nous faire vibrer.

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Joue-la comme Movistar

La diffusion des consignes du directeur sportif Julien Jurdie n’a pas vraiment permis de dissiper le brouillard. « Pour l’instant, le DS d’UAE ne veut pas (rouler), il a dit non. Vous voyez parce que ça va être compliqué. Si vous sentez que vous avez de l’énergie, vous continuez, mais on n’aura pas d’aide », glisse-t-il alors à ses hommes. Interrogé par France TV pendant le direct, Vincent Lavenu a le mérite d’être plus clair : « Dans le groupe à l’arrière, il y a des garçons plutôt bien placés au général. On a loupé le coup de devant, le but est d’essayer de maintenir un certain rythme pour maintenir l’écart à l’arrière et boucher un petit trou avec l’avant. »

L’objectif est donc de gratter du temps sur Sepp Kuss (10e), Louis Meintjes (12e), Emanuel Buchmann (13e) et Mikel Landa (14e), absents du groupe où figurent les principaux favoris. Tout ça pour le compte de Felix Gall, en 16e place ce matin… Résultat ? Alors que ces « adversaires » ont compté plus de deux minutes de retard, ils ont fini par rentrer, rendant l’opération totalement nulle. Un bel échec, autant sur le fond que sur la forme. D’autant que si AG2R-Citroën voulait vraiment jouer une place au général, la carte Ben O’Connor (17e ce matin) apparaît probablement comme la plus intéressante… L’équipe s’est pourtant mise à la planche alors que l’Australien, quatrième du Tour en 2021, figurait dans le groupe des retardataires. Allez comprendre.

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Objectif « toponze »

Au terme de cette douzième étape, Felix Gall a perdu une place, dépassé par Guillaume Martin, et occupe désormais le 17e rang. Quand bien même la bande d’Aurélien Paret-Peintre aurait réussi dans son entreprise, son grimpeur autrichien serait peut-être remonté treizième ou quatorzième. Mais pourquoi dépenser de l’énergie pour ça ? Pourquoi rouler alors que d’autres l’auraient fait à leur place ? Pourquoi vouloir jouer un hypothétique « toponze », pour reprendre l’expression avec laquelle Thibaut Pinot chambrait Tony Gallopin ? Pourquoi risquer de réduire la marge de manœuvre de Felix Gall, bien placé pour disputer le maillot à pois ? Troisième du classement, l’Autrichien ne compte que 18 points de retard sur le leader Neilson Powless. Pas grand-chose au vu du programme des trois prochains jours (deux cols hors catégorie et six ascensions de première catégorie).

INEOS Grenadiers a repris le flambeau de l’épicerie avec panache en roulant à son tour dans le final. Des sueurs froides sont très certainement apparues sur le crâne de Steve Cummings dans la voiture britannique en voyant Thibaut Pinot revenir virtuellement sur les talons de son poulain Tom Pidcock, huitième du général. Une menace qui imposait évidemment de réduire l’écart. Ce soir, le prodige du VTT compte encore un peu plus d’une minute de marge sur le Franc-Comtois (totalement désintéressé du général, faut-il le rappeler, et qui prendra sans doute tarif dès vendredi). Ouf ! Une masterclass à montrer auprès de tous les apprentis épiciers. Bonne nouvelle pour la future génération : les dix prochains jours donneront lieu à beaucoup d’autres démonstrations du même genre. Préparez votre liste de course !