Dopage: En fait, l'EPO serait moins efficace qu'on pourrait le croire (ce sont les Néerlandais qui le disent)

CYCLISME Une étude a été conduite auprès de 48 cyclistes amateurs...

20 Minutes avec AFP

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Le cycliste espagnol Alberto Contador monte au contrôle anti-dopage, le 22 juillet 2012, sur le Tour de France.
Le cycliste espagnol Alberto Contador monte au contrôle anti-dopage, le 22 juillet 2012, sur le Tour de France. — PASCAL PAVANI / POOL / AFP

L’EPO, une potion pas si magique ? Star des produits dopants dans les années 1990 avant l’arrivée en 2001 d’un test de détection, l’érythropoïétine stimule la production de globules rouges et favorise l’oxygénation des muscles.

Si bien que nombre de cyclistes ont misé sur ce produit dopant pour tricher. Le cycliste américain Lance Armstrong a même fait partie des sportifs qui ont reconnu en avoir utilisé. Selon une étude publiée ce vendredi, l’EPO pourrait cependant être moins efficace qu’on le croyait.

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Pas d’effet notable lors d’une course d’endurance sur route

L’étude publiée dans la revue médicale The Lancet Haematology porte, elle, uniquement sur des cyclistes amateurs bien entraînés. Elle assure que si l’EPO améliore leurs performances lors de courts tests d’efforts intensifs en laboratoire, elle n’a pas d’effet notable lors d’une course d’endurance sur route dans les conditions du réel.

« Reste à savoir si ces conclusions s’appliquent aussi aux cyclistes professionnels », déclare le responsable de l’étude, Jules Heuberger, du Centre de recherche sur les drogues de Leiden, aux Pays-Bas.

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Selon lui, « il y a peu de preuves scientifiques autour des produits dopants, en partie car il est impossible de réaliser des tests avec des sportifs de haut niveau, soumis aux règles de l’Agence mondiale antidopage (AMA) ».

Ascension du Mont Ventoux

Faute de pouvoir tester des professionnels, l’étude a donc été menée sur un groupe de 48 cyclistes amateurs mais bien entraînés, âgés de 18 à 50 ans. Durant huit semaines, la moitié a reçu des injections hebdomadaires d’EPO et l’autre moitié d’un placebo.

Le premier test de l’étude, en laboratoire, consistait à pédaler sur une rampe dont la résistance était augmentée toutes les cinq minutes, jusqu’à épuisement (entre 30 et 50 minutes). Le deuxième test, également en labo, était calqué sur le principe d’un contre-la-montre : pédaler le plus vite possible pendant quarante-cinq minutes.

Le dernier test s’est déroulé dans les conditions du réel, sur route, douze jours après l’injection finale : un parcours de 110 km puis l’ascension d’un des hauts lieux du Tour de France, le Mont Ventoux, sur 21,5 km.

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Dans le premier test, les performances du groupe qui avait pris l’EPO ont été supérieures. En revanche, les différences ont quasiment disparu pour le deuxième test et étaient carrément inexistantes pour le dernier, tant au niveau des paramètres physiques que des performances (1h40 environ pour grimper le Mont Ventoux).