Coupe du monde de rugby: La qualif, le dos de Dupont, Raka... Les cinq trucs à surveiller pendant France-Tonga

RUGBY Le XV de France affronte les Tonga dans un match déjà capital pour la suite de la Coupe du monde

William Pereira

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Antoine Dupont jouera quelques minutes en sortie de banc malgré des douleurs au dos.
Antoine Dupont jouera quelques minutes en sortie de banc malgré des douleurs au dos. — CIAMBELLI/SIPA

De notre envoyé spécial au Japon,

Finies les pauses de dix jours entre chaque match, le prochain match du XV de France est déjà là, tout près et c’est tant mieux. Pour nous, pas les joueurs, qui auraient préféré avoir un peu plus que quatre jours pour souffler entre les USA et les Tonga. Mais rassurez-vous, Cyril Baille, croisé dans l’ascenseur des Bleus à Kumamoto vendredi, nous garantissait que la récupération « fait du bien et se passe bien ».

Ca tombe bien, il faudra être en forme face aux iliens, car la dernière fois qu’on les a joués en sifflotant pendant une Coupe du monde, ça s’est fini par une déroute comme on n’en avait plus connu depuis Sedan 1870 (pour rester sur les références historiques, sachez qu’on a perdu 14-19 contre les Tongiens en 2011). Mais laver l’affront ne sera pas le seul intérêt de ce match, que beaucoup voient comme un « 8e de finale ». Du coup, on vous dresse une petite liste de cinq choses à surveiller pendant France-Tonga.

La potentielle qualification, évidemment

L’Angleterre nous a fait un bien joli cadeau en écrasant l'Argentine 39-10, samedi. Si bien qu’au coup d’envoi les hommes de Jacques Brunel seront mathématiquement qualifiés pour les quarts de final du Mondial étant donné qu’un match nul vaut deux points et que c’est tout ce dont les Bleus ont besoin pour passer. Deux points que l’on peut aussi obtenir de manière moins académique en perdant par moins de sept points tout en inscrivant quatre essais ou plus, lui garantissant les points du bonus défensif et offensif. Un scénario tout ce qu’il y a de plus XV de France, autrement plus panaché qu’une banale victoire, pour lequel on a presque envie de signer. Pour le panache. Pour l’histoire.

En résumé : les Bleus qualifiés en cas de nul, de défaite avec bonus offensif ET défensif ou de victoire

La seconde chance d’Alivereti Raka

Un essai et demi contre les Etats-Unis (maudite passe en-avant de Guitoune), de la mobilité et une réception dans ses 22 digne des meilleurs receveurs de NFL pour rassurer les siens alors que les USA étaient revenus à trois points, mais aussi un nombre incalculable de maladresses… On ne sait plus trop quoi penser d’Alivereti Raka, dont on reste persuadé qu’il a tout pour être un « game-changer » contre n’importe quelle équipe à condition d’épurer un peu son jeu. Peut-être a-t-il besoin de plus de confiance ? Ca tombe bien, Jacques Brunel a décidé de l’aligner pour la deuxième fois en quatre jours. « Le fait de rejouer ça va lui faire du bien, ça va le rassurer sur le fait qu’il a la confiance du staff, c’est la meilleure chose qu’on puisse faire pour lui », disait hier le sélectionneur en conférence de presse. Au Clermontois de saisir sa chance.

Le dos d’Antoine Dupont

On vous arrête tout de suite, il ne s’agit pas de faire du voyeurisme. On a déjà vu le demi de mêlée dans le plus simple appareil avant le match contre les States, ça suffit comme ça. En revanche, on sera attentif à l’entrée en jeu du Toulousain, car il est question qu’il ait du temps de jeu dimanche en dépit de douleurs au dos. Brunel n’est pas trop inquiet pour son joueur («Il ne fera qu’un bout de partie. Je pense pas que ça remette en cause sa participation contre l’Angleterre, il a un petit problème qui devait se résoudre »), nous si. Après tout, c’est pas comme si on venait de perdre nos sixième et septième joueurs sur blessure, hein !

L’état de fraîcheur des Bleus

On n’a pas arrêté d’en parler, le XV de France traverse la semaine la plus difficile de son Mondial du point de vue de l’enchaînement des matchs. Camille Chat, Paul Gabrillagues, Sofiane Guitoune et Alivereti Raka enchaîneront leur deuxième titularisation de rang tandis que Maxime Médard, Jefferson Poirot, Rabah Slimani et Baptiste Serin débuteront après être entrés contre les Etats-Unis. Côté météo, il fera près de 30 °C au coup d’envoi et l’humidité, certes moins élevée que mercredi, sera au rendez-vous. « Nous nous étions préparés à la chaleur et l’humidité avant le Mondial. Bizarrement, il a fait chaud pendant le premier match, mais les joueurs ne l’avaient pas du tout ressenti. Par contre [mercredi] ils ont trouvé qu’il y avait beaucoup plus d’humidité et je ne sais pas pourquoi, mais cette fois ils l’ont ressenti », s’interrogeait hier Jacques Brunel. Les Français seront-ils cette fois capables de s’adapter à l’atmosphère pesante ? Petit indice, regardez les jambes des joueurs : si ça mouline, c’est bon, si ça tourne à deux à l’heure comme en milieu de semaine, ça va pas.

La discipline, ou plutôt l’indiscipline du XV de France

Quinze fautes contre l’Argentine, dix contre les Etats-Unis. Si on suit la logique, on passera à cinq contre les Tongiens et ça serait franchement pas mal. C’est en tout cas un défaut qu’il faut gommer vite, très vite, car, comme le disait Thierry Dusautoir dans l’édition de jeudi du quotidien L’Equipe, « cette indiscipline peut nous poser problème ». Capitaine d’un jour, Jefferson Poirot en est bien conscient mais n’a pas apprécié que les journalistes appuient sur ce point sensible samedi en conférence de presse. « On a beaucoup d’entraîneurs, ils nous ont déjà dit qu’on avait ce problème d’indiscipline, on est parfaitement au courant. On est conscient de ce qu’on fait aussi. Donc c’est gentil de nous dire que ça peut poser problème, comme dans tout match de rugby cela peut poser problème. On travaille dessus. » On verra ça dimanche.