Coupe du monde: Comment les Bleus ont subi une déculottée historique face aux Blacks

RUGBY L’équipe de France a subi la plus grosse défaite de son histoire en Coupe du monde...

Julien Laloye

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Fofana et les Bleus ont sombré contre la Nouvelle-Zélande.
Fofana et les Bleus ont sombré contre la Nouvelle-Zélande. — Christophe Ena/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Cardiff,

On a essayé de se persuader toute la semaine que ça ne se passerait pas comme ça. Cela s’est évidemment passé comme ça devait se passer. Des All Blacks très très forts et des Français très très justes. 50 points au final, c’est la plus grosse défaite du XV de France dans son histoire en Coupe du monde, qui compte pourtant quelques sévères torgnoles en magasin. Et elle est d’une logique implacable.

Ce qui a fait la différence

Des tas de choses. Trop de choses. Contentons-nous de souligner les différences abyssales de niveau individuel entre les Français et les Néo-Zélandais. En dehors de Picamoles et Fofana, aucun n’a pu rivaliser avec la puissance de leurs adversaires. Et quand on dit rivaliser, on est gentil. Chaque ballon écarté vers les ailiers blacks a un peu plus rabaissé l’orgueil tricolore. Savea semblait avoir un Lomu dans chaque percussion, et itou pour les autres. Ce serait trop long d’écrire un compliment sur chacun, alors contentons-nous de les voir à l’oeuvre

Ce qui aurait pu changer le scénario

Gagner contre l’Irlande la semaine dernière. Ne pas rentrer sur le terrain, déclarer forfait… il y avait un monde d’écart entre les deux équipes. Et peu de moments qui méritent qu’on parle de tournants.

La blessure de Michalak sur un renvoi contré : les Bleus venaient d’encaisser sans broncher un assaut continu d’immenses vagues noires quand le Toulonnais s’est fait contrer par Retallick. Essai et claquage, ça ne partait pas bien.

La pénalité de Parra qui nous aurait ramenés à 10-9. Lol.

Prendre un ou deux ballons dans les airs n’aurait pas fait de mal non plus. Ainsi que des touches. Ainsi que réussir ses plaquages. Avoir de l’amour-propre.

Ce qu’on en retient

C’est dur à dire, mais on tient peut-être la branlée qui va enfin faire prendre conscience au rugby français où il en est. A peu près au niveau de la Namibie. La question va bien au-delà du cas Saint-André, qui va quitter son poste après un mandat cataclysmique, sans avoir jamais battu l’Irlande, le Pays de Galles, l’Afrique du Sud, et bien évidemment les Blacks. Le manque de réservoir de joueurs français de niveau acceptable en top 14, est une évidence. En dehors de deux ou trois joueurs laissés sur le bord de la route par le staff (Mermoz, Médard, Trinh-Duc), la France s’est proposée au monde avec ce qu’elle avait de meilleur à offrir. C’est-à-dire le néant rugbystique. Courage Guy Novès.

En bonus : Le haka vu de la tribune de presse. Quand on y croyait encore (enfin un peu)