Coupe du monde de rugby: L’Angleterre peut-elle se remettre de «la fin du monde» ?

RUGBY Après l’élimination du pays organisateur en phase de poule…

J.L.

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Chris Robshaw dépité après l'élimination anglaise.
Chris Robshaw dépité après l'élimination anglaise. — Christophe Ena/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Cardiff,

« Le crash », « l’humiliation », « l’agonie », « Le rêve d’une nation brisée ». Comme prévu, la presse anglaise tape fort ce matin après le désastre de Twickenham et l’élimination du pays organisateur en phase de poule pour la première fois de l’histoire de l’épreuve. Notre Une préférée : Le Mail on Sunday qui montre le capitaine Chris Robshaw à genoux, bouche ouverte et regard perdu après l’échec » embarrassant « face à l’Australie (33-13) sous le titre : » End of the World ». On vous résume les conséquences de ce tremblement de terre rugbystique.

Lancaster peut déjà chercher du boulot

L’attitude digne du sélectionneur britannique dans la défaite est à souligner. Stuart Lancaster a été émouvant, samedi soir en conférence de presse : « Nous sommes totalement anéantis. Les mots ne peuvent pas décrire à quel point nous sommes déçus. On avait des supporteurs fantastiques derrière nous, on les a laissés tomber. On a laissé tomber le pays. » Lancaster ne sera pas épargné, notamment pour sa décision de se passer de certains joueurs de caractère (Cipriani, Harttley, Easter) qui ont manqué aux moments clés.. Sous contrat jusqu’en 2020, l’ancien prof d’EPS ne s’accrochera pas à son poste : mais il a prié la prsse et les supporters « de ne pas couper le fil avec une jeune équipe en devenir ».

Le patron de la Fédération aussi

Ian Ritchie, le patron de la fédération anglaise, avait personnellement mis son poste dans la balance en cas de mauvaise surprise. Lui non plus ne devrait pas échapper à la guillotine, d’autant qu’il est directement responsable d’une mesure controversée : avoir empêché les joueurs évoluant à l’étranger de participer au Mondial. Face à l’Australie, les absences du Toulonnais Armitage ou encore du Clermontois Abendannon ont cruellement fait défaut. « Je voudrais souligner le fait qu’il n’y aura pas de réaction hâtive après la performance de l’Angleterre dans cette Coupe du monde », a déclaré l’intéressé dans un communiqué dimanche matin, tout en assurant que « des leçons seront tirées de ces résultats ».

>> Lire aussi notre reportage à Cardiff

L’économie va morfler

Si les patrons de pub à Cardiff étaient plutôt joyeux samedi soir, leurs homologues londoniens ont la gueule de bois, tout comme le brasseur Heineken, principal sponsor du tournoi. « Si l’Angleterre est éliminée, l’intérêt du pays va diminuer radicalement. Même si nous sommes une marque globale, il serait dommage de perdre un marché aussi fort », indiquait jeudi son directeur d’activation, Hans Erik Tuijt, dans une interview à la lettre d’information spécialisée just-drinks. Pour la chaîne ITV, la note est encore plus salée selon Phil Hall, responsable de MediaCom, interrogé par l’AFP. D’après lui, le diffuseur officiel du tournoi va perdre « entre 1 et 2 millions de livres (1,37 à 2,7 M EUR) par match avec une diminution jusqu’à 40 % des tarifs de la publicité » à cause de l’élimination de l’Angleterre. Ouch.

L’intérêt sportif un peu moins

S’il ne faut pas sous-estimer l’impact de la sortie de route anglaise chez les supporters, il reste encore assez de fans du monde entier pour faire briller l’événement, veut croire le président de la Fédération internationale Bernard Lapasset, qui s’est confié à l’AFP ce dimanche. « Nous pensons juste qu’il y aura juste un peu moins de monde dans les fan zones. Mais ensuite, les billets pour les matches sont vendus, les gens vont continuer à venir dans les stades. Et puis, les Anglais ont souvent des attaches sentimentales ou familiales ailleurs dans le monde et on peut penser qu’ils vont soutenir d’autres équipes ». De fait, les places pour les phases finales sont déjà presque toutes vendues, malgré des prix souvent prohibitifs.