Coupe du Monde 2018: On a vécu le match avec les Péruviens de Nantes, et ce n’était pas triste…

FOOTBALL Une grosse centaine de Péruviens s'était réunie, ce jeudi, dans le centre de Nantes dans le restaurant «De Lima»...

David Phelippeau

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Une partie de la communauté péruvienne installée devant la télé dans le restaurant nantais
Une partie de la communauté péruvienne installée devant la télé dans le restaurant nantais — D.P. / 20 minutes
  • Une grosse partie de la communauté péruvienne de Nantes était rassemblée jeudi pour regarder le match France-Pérou.
  • Les Péruviens ont expliqué à quel point ils étaient heureux de voir leur pays de naissance (pour la plupart) à cette Coupe du Monde.

Tatiana est au bord des larmes. Dans l’après-midi, elle confie ne pas les avoir retenus. Elle est la propriétaire du restaurant « De Lima », rue des Hauts-Pavés, dans le centre de Nantes. « Le seul resto péruvien de la ville », précise-t-elle. C’est là-bas, jeudi, vers 16 h, qu’une grosse partie de la communauté péruvienne de Nantes s’est donnée rendez-vous pour suivre France-Pérou. « Funky », un petit chien vêtu d’un petit tricot blanc et rouge, est aux premières loges. Ses aboiements sont couverts par la musique du groupe nantais latino « Los Faros ».

Le soleil brille et amplifie les couleurs de l’instant festif. « Ça fait 36 ans que le Pérou attend ça, vous imaginez ? lance Fidel, né à Lima, mais qui vit en France depuis l’âge de 6 ans. On est tellement heureux de partager ce moment avec la France, de montrer notre culture. » Le Pérou ne doit pas perdre s’il veut poursuivre son aventure en Coupe du Monde, mais sa centaine de supporters « nantais » est bien loin de cette exigence mathématique. « On est déjà hyper contents d’être là, vous ne pouvez pas comprendre, estime Tatiana, qui a transformé son restaurant en petite salle de cinéma. On a tendance à se sous-estimer. Se retrouver face à une grande nation du foot comme la France, c’est incroyable ! »

Les chants résonnent dans la rue des Hauts-Pavés. « Como no te voy a querer ? », hurlent les Péruviens. Ça signifie ? « C’est un chant patriotique, ça veut dire : « Comment je pourrais ne pas t’aimer ? » explique Tatiana. L’étiquette de « meilleurs supporters » de la Coupe du Monde que certains collent aux Péruviens n’est sans doute pas usurpée. Raquel, jeune trentenaire, native de Lima, a une explication à ce titre honorifique : « Dans notre culture, à la moindre occasion on fait la fête, alors, là, sur un tel événement - avec le foot qui est en plus une institution chez nous - c’est décuplé ! »

Tous et toutes devant l'écran de la télévision.
Tous et toutes devant l'écran de la télévision. - D.P. / 20 minutes

La déception… puis tout de suite place à la fête

Au loin, certains fredonnent une autre chanson très partisane. Ça donne ça en français : « Allez le Pérou cette nuit, on peut gagner ! » Cet après-midi-là, le petit d’Amérique du Sud s’incline pourtant 1-0 contre la France. La déception laisse place aux sourires quelques secondes après le coup de sifflet final. Carlos, un Bolivien venu mettre l’ambiance jusqu’à sans doute très tard dans la soirée de jeudi, coupe le son de la télévision alors que les commentateurs de TF1 n’ont même pas commencé leur analyse de la rencontre. Josie, une jolie Franco-Péruvienne de 50 ans, semble déjà tournée sur l’après-match : « Maintenant, c’est la fête ! »

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