Mercato: Griezmann, la mise en scène qui passe mal

FOOTBALL L’attaquant français reste à l’Atlético, mais il aurait peut-être pu éviter d’en faire trop…

N.C. et J.L.

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C'était pas une bonne idée Grizou cette mise en scène pour dire que tu restais...
C'était pas une bonne idée Grizou cette mise en scène pour dire que tu restais... — Philippe DESMAZES / AFP / Montage

De nos envoyés spéciaux à Moscou,

Tout ça pour ça ? ! Franchement, la fin du feuilleton Griezmann fait mal à notre petit cœur. Pourquoi cette mise en scène ? Pourquoi avoir fait du mauvais LeBron James avec ce hashtag #LaDecisión ? A la rigueur, si cela avait été pour annoncer son départ de l’Atlético Madrid, la mort dans l’âme tellement il aime ce club, pourquoi pas… Mais pour dire qu’il reste ? A deux jours de l’entrée en lice de l'équipe de France en  Coupe du monde, ça ne fait pas très sérieux.

Du mauvais Lebron James

Griezmann aurait pu mettre fin au suspense lundi, lors de sa venue en conférence de presse à Istra. A ce moment-là, il avait déjà pris sa décision, il l’avait dit, assurant que ce n’était « ni l’endroit ni le moment » pour ça. On pensait qu’il souhaitait se concentrer sur le Mondial, normal. La manœuvre était finalement commerciale, orchestrée par la société de Gérard Piqué (Kosmos), qui a bien fait monter la sauce, et vendue à Movistar.

Au final, on s’était bien gouré, et ça fout un peu les nerfs, alors que sa décision de rester à l’Atlético pour gagner avec ce club est louable. On n’est apparemment pas les seuls à le penser à voir ce qui traîne sur les réseaux ce jeudi soir. Surtout que ce n’est pas la première fois qu’on fronce le sourcil devant les choix de com' du garçon, depuis qu’il a lâché son agent historique et son conseiller d’image pour confier ses intérêts à sa soeur.

Le précédent « Quotidien »

Il y a un an tout pile ou presque (le 24 mai), on écrivait un papier intitulé «Mais à quoi joue Griezmann? » dans lequel on s’interrogeait sur son passage complètement lunaire à l’émission « Quotidien » où il avait annoncé se donner six chances sur dix de rejoindre Manchester United. Un choix déjà surprenant quand on sait l’intérêt de Yann Barthès pour le mercato de foot.

Il n’était pas parti non plus, mais cette manie de tout scénariser laisse un goût franchement amer en bouche. Que Griezmann se paie la tronche des journalistes, ça le regarde, encore que c’est rarement se rendre service. Mais là, on commence tout doucement à se ficher du monde dans son ensemble. Les fans de l’Atletico vont finir par pardonner en comptant les buts, mais ils doivent se demander ce qu’ils ont fait pour mériter ça. Les autres auront du mal à continuer d’acheter l’image du gendre parfait des Français.

Bien sûr, sa Coupe du monde peut tout changer, et plutôt dans le bon sens, on l’espère. Mais Griezmann avait un boulevard pour jouer l’anti Lebron James, justement, celui qui refuse de céder à la faciliter pour gagner des titres. Il y a quelque chose d’une obstination romantique et attachante à vouloir claquer une C1 avec l’Atletico Madrid. Le genre de décisions qui marquent une carrière et vous fabriquent un personnage de rebelle à peu de frais, un peu à la Cantona à son époque. C’est raté.