N.C.
Quand Lucas Dufeal, d’une claquette, a redonné un point d’avance au Mans à cinq secondes de la fin de la rencontre face à Paris, dimanche soir lors de la 2e journée de Betclic Elite, le jeune ailier fort pensait certainement avoir donné la victoire à son équipe. C’était sans compter sur Nadir Hifi, qui s’est dit qu’il allait marquer l’un des paniers de l’année dès le mois d’octobre.
Le meneur international s’est emparé du ballon et a sprinté pour traverser le terrain, embarqué dans le coin droit par ses adversaires. Arrivé au niveau du parking, il s’est arrêté, a laissé deux Manceaux sauter dans le vent avant de décocher un shoot en plein dans le mille. Voilà comment on offre la victoire aux siens (103-101) avec style.
Après ce buzzer beater monstrueux, Hifi a couru encore plus vite pour rejoindre le vestiaire, tout en envoyant des baisers au public sarthois qui aura assisté à un dernier quart-temps très spectaculaire. Car avant ce dénouement cruel pour les Manceaux, qui menaient de quatre points à 1’45 de la fin (99-95), les deux équipes se sont rendu coup pour coup, enchaînant paniers à longue distance (16/36 pour Le Mans, 13/34 pour Paris) et changements de leaders.
Mais c’est donc le meneur parisien qui a eu le dernier mot, lui qui a enfin réalisé un match plein (33 points, 9 passes) après un début de saison poussif. « Je suis allé sur le côté que j’aime bien, Melvin a sauté comme un ouf, je me suis dit qu’il fallait que je tire. C’est rentré, parfait ! », a réagi après coup le héros du soir au micro de DAZN.
Le fair-play manceau
Ses adversaires, forcément déçus, ont tout de même salué ce dénouement spectaculaire… et n’ont pas voulu en rajouter sur le probable marcher du Parisien. « Melvin (Ajinça) est sur la bonne attitude en défense, sur la balle sans contact. Il saute même sur le tir et oblige Nadir à faire une petite feinte et à shooter à contretemps avec… pas mal d’appuis, a réagi l’entraîneur manceau Guillaume Vizade en souriant. Sur des gros tirs comme ça, c’est dur de siffler… Je suis plutôt pour les émotions du sport. »
Un fair-play à saluer. Son homologue parisien était lui bluffé par cette inspiration du meneur. « Il a vu le chrono et a trouvé un angle… si on peut appeler ça un angle, parce qu’il est à zéro degré. Mais c’est Nadir, soufflait Maxime Lefèvre. Peu de gens peuvent trouver un shoot comme celui-là. Alors le mettre… »