Asvel : « Un modèle pas viable dans la durée »… Le club de Tony Parker épinglé par la Chambre régionale des comptes
BASKET•La Chambre régionale des comptes a rendu un rapport au vitriol sur le modèle économique de l’Asvel de Tony Parker, qui serait structurellement déficitaire et pas viable dans la durée20 Minutes avec AFP
Le constat est sans appel. La Chambre régionale des comptes (CRC) a sévèrement épinglé le club de basket de Villeurbanne, l’Asvel de Tony Parker, qui serait selon un rapport publié mardi dans une situation financière « dégradée » tandis que son modèle économique ne serait pas « viable dans la durée ». La star du basket a repris le club le plus titré de France (21 fois champion) en 2014 pour en faire l’un des grands clubs européens, rappelle en préambule la chambre dans ce rapport qui porte sur les exercices 2018 à 2023.
Un modèle « structurellement déficitaire »
Pour ce faire, il a recruté de meilleurs joueurs, forcément plus chers, portant la masse salariale à 4,2 millions d’euros en 2022-2023, alors que dans le même temps ses recettes n’ont pas augmenté aussi vite. Le résultat net du club est « négatif pour trois exercices sur cinq », malgré le soutien financier des actionnaires et des aides de l’Etat de 3,3 millions d’euros au moment du Covid, relève la CRC d’Auvergne-Rhône-Alpes.
Peu de clubs de Pro A ont un résultat d’exploitation positif, mais en 2022-2023 « l’Asvel Basket a eu le résultat net le plus négatif » de tous ces clubs, soit la situation financière « la plus dégradée », ajoute-t-elle. Son modèle économique, « structurellement déficitaire », « apparaît dès lors non viable dans la durée », tance la CRC.
Des erreurs qui auraient pu être évitées
Le club a bien essayé de générer de nouvelles recettes de partenariat mais n’a « pas mis en place de mécanisme de garantie pour s’assurer des capacités financières des futurs parrains » et s’est mis dans une situation « risquée » avec la défaillance de ses deux principaux parrains, relève la CRC. Le premier, Smart Good things, spécialiste des boissons énergisantes, s’était engagé à verser 2,4 millions d’euros à partir de juillet 2022 mais a ramené cette somme à 2,1 millions en raison de ses propres difficultés financières qui, selon la CRC, étaient connues « avant même la signature du contrat avec l’Asvel ».
Mais ce sont les défaillances de la plate-forme Skweek, propriété de l’homme d’affaires russo-hongro-monégasque Alexeï Fedoritchev, qui pèsent le plus sur les finances de l’Asvel. Skweek devait en effet lui verser sept millions d’euros par saison, sur trois exercices, à partir de 2023-2024, mais la CRC constate que celui-ci n’a payé au total que deux petits millions. « Le contexte géopolitique aurait pu être pris en compte pour déterminer la solidité financière » de ce partenaire, juge la Chambre. Tony Parker avait de son côté révélé en mars dernier, au Progrès, avoir mis de l’argent de sa poche pour combler les déficits et mis en demeure Sweek de respecter son contrat.


















