VIDEO. Formule E: Cinq bonnes raisons d’aller voir la course samedi en plein Paris

AUTOMOBILE La course de monoplaces électriques, autour des Invalides, s’annonce spectaculaire...

V.B.

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Jean-Eric Vergne au volant de sa DSV-01 devant le Trocadéro à Paris.
Jean-Eric Vergne au volant de sa DSV-01 devant le Trocadéro à Paris. — J.-P. Pariente / Sipa

C’est l’événement qui va électriser la capitale ce week-end. Des monoplaces s’élanceront à plus de 200 km/h autour des Invalides à l’occasion de la septième des onze étapes du championnat de Formule E, l’équivalent 100 % électrique de la Formule 1. Une grande première pour Paris qui, après Pékin, Mexico, Berlin, Moscou ou Londres, proposera une manche « exceptionnelle », sinon la plus belle de toutes, promettent les organisateurs.

Pour mieux cerner l’ampleur de l’ePrix qui s’installe intra-muros et sera diffusé samedi après-midi sur Canal +, quelques chiffres : A partir de 16 h, les pilotes des 10 équipes engagées réaliseront en moins d’une heure 43 tours d’un circuit de 1,93 km (le plus court de la saison), composé de 14 virages autour du Musée de l’Armée et du Tombeau de Napoléon.

Quelque 15.000 billets (à partir de 20 euros), vite écoulés, permettront à des spectateurs privilégiés de suivre la course de près, auxquels s’ajouteront les riverains massés en bord de circuit. Ces derniers, qui devraient être nombreux, ont en tout cas cinq bonnes raisons d’aller faire un tour aux Invalides samedi.

1. C’est au coin de la rue

Un miracle pour les uns, une occasion pour les autres. Qu’ils soient férus de sports auto ou simples curieux, les spectateurs n’auront qu’à se pointer aux Invalides samedi. « Ce n’est pas le public qui vient à nous, mais c’est nous qui venons au public, vante le pilote Jean-Eric Vergne. C’est un gros plus. Les gens viennent en métro ou en bus ou à vélo, c’est plutôt intéressant. » La circulation sera coupée de 6 h à 20 h samedi dans le quartier, et l’accès à l’ePrix ne sera en effet réservé qu’aux riverains, qui pourront sortir aux stations Assemblée-Nationale, Invalides, Saint-François-Xavier et Ecole-Militaire. La contrainte, puisqu’il en faut une : Tous ne pourront bénéficier d’une vue imprenable sur la course, à moins de squatter le balcon d’un appart qui surplombe le circuit. Dix écrans géants seront ainsi postés à différents endroits du site.

2. C’est un vrai show

Pouvait-elle rêver de meilleur cadre ? Avec un départ boulevard des Invalides et des passages par l’avenue de Tourville, la place Vauban, le boulevard de la Tour-Maubourg et l’avenue de Grenelle, la manche parisienne sillonnera « un lieu exceptionnel », trépigne Jean-Eric Vergne. « C’est un tracé plutôt rapide, technique, avec pas mal de possibilités de dépassements, explique le natif de la région parisienne. C’est top, car en plus, il y a pas mal de végétation autour, des beaux bâtiments, les grands parcs de l’Esplanade. »

Le pilote a déjà assuré la promotion du show qui s’annonce en prenant mercredi le volant de sa monoplace DSV-01 autour des monuments de la capitale (place Vendôme, le Louvre, les bords de Seine, le Trocadéro, la Tour Eiffel), à la grande surprise des Parisiens. Ces derniers prendront d’ailleurs part à l’événement samedi, puisqu’une course relais d’engins électriques (vélos, gyropodes et trottinettes) leur sera réservée, dans le cadre du Trophée de la mobilité électrique.

3. C’est une compétition très française

Parmi les pilotes, qui pour la plupart sont pros et sont passés par des écuries de Formule 1, les Français fournissent le plus gros contingent national : Nicolas Prost (Renault e-dams, constructeur français), le fils d’Alain, Jean-Eric Vergne (DS Virgin Racing, constructeur franco-anglais), Stéphane Sarrazin (Venturi), Loïc Duval (Dragon Racing) et Nathanaël Berthon (Team Aguri). Mais le rôle de l’Hexagone dans la Formule E ne s’arrête pas là.

L’Equipe rappelle que la première monoplace électrique, qui a servi de tests à la voiture actuelle, a été lancée par deux Français : Eric Barbaroux et Pierre Gosselin, aujourd’hui organisateurs de l’e-Prix de Paris. « Les modèles que nous utilisons aujourd’hui sont fabriqués également en France, par Spark Racing Technology », explique à L’Usine Nouvelle Alejandro Agag, le PDG de Formula E Operations, en charge de la compétition. Enfin, Michelin, partenaire fondateur, fournit les pneus.

4. C’est une vitrine pour la voiture électrique

Au-delà des résultats sportifs, « le challenge de ce championnat, c’est justement de montrer qu’un véhicule fin, profilé, aérodynamique, comme peut l’être une Formule 1, peut être électrique », assure Eric Barbaroux. Un challenge dont Anne Hidalgo s’est dit « ravie » de relever. Pour l’élue, la Formule E est « un moyen de développer de façon très importante la mobilité électrique, indispensable pour nos villes ».

Au premier rang desquelles Paris qui, après lancé ce service en 2011, compte aujourd’hui une flotte de 4.000 Autolib’. Aussi l’ePrix est-il, par son côté médiatique et spectaculaire, un bon moyen de scander cette volonté politique. « Nous voulions qu’il se déroule au cœur de la ville, pour montrer que les voitures électriques y ont toute leur place », précise dans Le JDD Jean-François Martins, adjoint d’Hidalgo chargé des Sports.

5. C’est un pari sur l’avenir

« La capitale française sera sans doute la plus belle étape du championnat, avec la place du Kremlin à Moscou et l’Alexanderplatz de Berlin », annonce, toujours dans Le JDD, Martin Manecy, responsable de l’événement chez le promoteur, la société Formula E. Si tel est le cas, l’ePrix de la Paris pourrait être renouvelé dès l’année prochaine. « La voiture électrique et la mobilité électrique, c’est l’avenir, martèle Anne Hidalgo. C’est le pari que nous avons fait dans ma ville. » Pourtant, des élus écologistes parisiens ont dénoncé en début de semaine le « désastre écologique » de la compétition. S’ils ont dénoncé - à tort - le bruit qu’elle engendrera, ils se sont également dit « sont scandalisés de découvrir les rues du quartier des Invalides recouvertes de bitume » provisoire aux effluves toxiques. « Je n’ai pas à leur répondre, a coupé court Hidalgo. On a ce débat, il existe depuis longtemps, mais ce n’est pas grave. » Un pari écologique, mais aussi technologique : « La Formula E va accélérer les innovations », assure Eric Barbaroux. En attendant, le compte à rebours est lancé sur le site de la FIA, la Fédération internationale de l’automobile.