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Mondiaux d'athlétisme: Meritt, la médaille d'or avant la greffe de reins?

Mondiaux d'athlétisme: Meritt, la médaille d'or avant la greffe de reins?

PEKINL'Américain, grand favori de la finale du 110m haies vendredi, subira une transplantation rénale quatre jours après la course...
Julien Laloye

J.L. avec AFP

Une finale mondiale du 110 m haies vendredi puis, quatre jours plus tard, une transplantation du rein: c'est -littéralement- la course d'obstacles incroyable que va vivre l'Américain Aries Merritt, recordman du monde de la discipline depuis 2012. L'athlète de 30 ans souffre d'une maladie génétique rare et ses reins ne fonctionnent qu'à 20% de leur capacité. C'est pourquoi il va être transplanté le 1er septembre et recevoir un rein de sa soeur, LaToya Hubbard.



Recordman du monde de la discipline

«Je suis ici à Pékin pour ma santé mentale plus que pour autre chose», a-t-il assuré après les séries des Mondiaux mercredi. «Je ne veux pas rester assis chez moi à attendre l'opération». En 2012, l'Américain aux dreadlocks finement ciselées sur le crâne réussit la saison parfaite: champion olympique à Londres, record du monde en septembre à Bruxelles (12.80). Merritt rayonne et transporte son sourire généreux sur toutes les pistes du monde. Mais l'année suivante sera un cauchemar.

«Lors des Mondiaux 2013 de Moscou, j'ai senti que quelque chose n'allait pas», se souvient-il, cité par la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF). «Après Moscou, j'ai commencé à être très malade. J'avais un manque extrême d'énergie, une respiration courte et des difficultés à récupérer».

« Just 20% kidney function and here against doctor's orders. But Aries Merritt looks good to medal in the 110m hurdles pic.twitter.com/sDq81yvaWr — Neil Barker (@Mockneyrebel) August 27, 2015 »

Des reins qui ne fonctionnent qu'à 15%

Le diagnostic, terrible, tombe deux mois après les Mondiaux: Merritt souffre d'un problème de rein, causé par une maladie génétique rare, qui touche en majorité les Afros-américains. La situation est d'autant plus grave que le sportif est porteur d'un virus qui attaque ses reins, sa moelle osseuse et détruit son organisme. «Je me suis effondré. J'ai fait du déni et pendant un moment j'ai été dans un état très dépressif. J'étais content qu'ils aient trouvé le problème, mais je ne comprenais pas comment ça pouvait m'arriver après une saison 2012 aussi formidable.»

Le sportif va alors passer plus de six mois à l'hôpital, d'octobre 2013 à fin avril 2014. S'entraîner n'est évidemment plus à l'ordre du jour. A son entrée à l'hôpital, ses reins ne fonctionnent plus qu'à 15%: marcher et effectuer les tâches quotidiennes les plus anodines est un combat. Merritt ne peut plus manger correctement, incapable d'assimiler les protéïnes, et perd du poids.

«Peut-être ma dernière compétition si la greffe se passe mal»

Progressivement, la situation s'améliore néanmoins. Et Merritt reprend la compétition en mai 2014, après quelques semaines d'entraînement.«Quand j'ai recommencé le sport, je n'étais pas aussi frustré qu'on pourrait le penser. Après m'être entendu dire que je ne serais plus capable de courir, j'étais simplement heureux de faire ce que j'aime», explique Merritt.



Une saison d'entraînements et de meetings plus tard, il a déjà fait beaucoup en arrachant sa place pour les Mondiaux et un meilleur chrono cette saison de 13 sec 08/100e, réalisé en demi-finale jeudi à Pékin. «Ce pourrait être ma dernière compétition si ça se passe mal avec la greffe», reconnaît-il. «Mais je suis optimiste sur le fait de pouvoir revenir et de m'entraîner en vue des jeux Olympiques de Rio. J'aime me battre, j'aime la compétition. C'est ma vie et me voilà.»