Après les Jeux, les Bleus ne connaissent pas encore le blues
SPORTS•Près d'un mois après les Jeux, les médaillés français ne sont toujours pas redescendus de leur nuage...Romain Scotto
En rentrant chez elle à Montpellier, en début de semaine, Edwige Lawson pensait enfin pourvoir souffler un peu, s’extirper de la frénésie et des sollicitations post-olympiques. Et puis la meneuse de l’équipe de France de basket a eu l’idée d’ouvrir son courrier, jeudi matin. «Là, je reçois une lettre de Monsieur Hollande qui nous invite à l’Elysée.» Le rendez-vous est prévu pour la mi-septembre. Autant dire que le soufflet des Jeux n’est pas près de retomber pour la basketteuse et toutes ses copines argentées à Londres.
Un moins après l’extinction de la flamme, la plupart des médaillés français planent toujours, malgré le retour au pays auprès de leur famille ou les départs en vacances. Hormis Amaury Leveaux qui a exprimé un léger spleen à son retour, les héros de l’été dernier n’ont pas connu le fameux blues d’après Jeux. «Les gens me demandent ma médaille de partout. Ça ne s’arrête jamais en fait», enchaîne Lawson qui a d’abord filé aux Etats-Unis où travaille son mari. Mais au pays de la NBA, la Française a pris conscience qu’elle avait changé de dimension.
«Un luxe de pouvoir regarder la télé»
Très sollicitée, la meneuse passait aussi son temps libre à revoir les vidéos des Jeux ou actualiser sa page Facebook. «Dès que je dormais, je rêvais des Jeux olympiques. Ça me faisait drôle. Même pendant une petite sieste, je rêve encore parfois de ça». Comme elle, Marlène Harnois n’est pas vraiment redescendue sur terre. La médaillée de bronze en taekwondo n’a pas eu une seconde à elle depuis son retour de Londres. «J’ai réalisé hier à quel point c’est un luxe de pouvoir regarder la télé tranquillement», glisse celle qui a descendu les Champs Elysées, donné le coup d’envoi d’un match de l’OM, enchaîné les plateaux télés et s’est offert un aller-retour au Canada en moins de trois semaines.
A mille lieux d’un éventuel contrecoup psychologique, la bronzée de Londres assure vivre autant d‘émotions aujourd’hui qu’aux Jeux: «Je partage ma médaille avec mon patron, mes collègues, ma famille, mes amis. Il n’y a plus la même euphorie qu’aux Jeux, mais ça me fait plaisir de répondre aux sollicitations.» Quand elle en aura le temps, elle prendra quelques jours de vacances comme le fait Teddy Riner, qui abreuve ses fans de photos et petits mots doux sur son compte Facebook. En tant que champion olympique, le colosse français fait face à ses nouvelles obligations. Même les pieds dans l’eau.


















