Evasion fiscale: Yannick Noah et Guy Forget plaident «l'optimisation des revenus»

Tennis Auditionnés ce mardi par la commission d'enquête sur l'évasion fiscale, les deux anciens tennismen ont expliqué leur exil à l'étranger par une simple «optimisation de revenus»...

A.D.

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Guy Forget et Yannick Noah, le 19 juin 2012, au Sénat, à paris.
Guy Forget et Yannick Noah, le 19 juin 2012, au Sénat, à paris. — MEHDI FEDOUACH / AFP

«En tennis, les carrières sont courtes. Dix ans au maximum pour les meilleurs. C’est pour cela qu’il est indispensable d’optimiser ses revenus.» Guy Forget a tenté d’expliquer le départ des joueurs à l’étranger par la durée de vie éphémère d’un tennisman. Il est important de capitaliser, pour ne pas se retrouver en difficulté une fois la raquette rangée au placard. Yannick Noah, actuellement en procédure avec le fisc pour une affaire datant de 1993, ne dit pas autre chose: «Dans 95% des cas, la reconversion est un problème. Avoir un petit matelas de côté permet alors de pouvoir faire vivre sa famille».

«Normal que quelqu’un qui gagne autant soit amené à partager»

Les deux anciens capitaines de l’équipe de France ont ensuite donné leur avis sur la proposition de loi, visant à imposer à 75% les revenus excédant un million d’euros. Et même si d’un point de vue sportif, certains joueurs vont être refroidis, l’initiative a le mérite d’être plutôt bien perçue. «Il me semble juste que quelqu’un qui gagne autant d’argent soit amené à partager», précise Noah. Avant d’ajouter: «J’ai fait ma carrière de chanteur en France, il est normal que je paie mes impôts ici.» Guy Forget, lui, a rappelé que contrairement à d’autres sports, le tennis est très professionnel et très encadré en matière de fiscalité. «Bien sûr, on essaie de trouver les endroits les plus avantageux pour ne pas connaître la double imposition. Mais on n’a jamais pensé être des évadés fiscaux. Tout est fait dans la légalité.»