La Pologne ne veut pas tout de suite sortir de son Euro
FOOTBALL•Les Polonais ne partent pas favoris contre la Russie comme l'explique l’ancien international, Jacek Bak...Alexandre Pedro
De notre envoyé spécial à Gdansk (Pologne),
Si les supporters polonais sont inquiets, ils le cachent bien. Dans les bars de Gdansk, personne n’imagine les Aigles blancs se faire harponner par la Russie, mardi à Varsovie. Mais derrière les «Polska, Polska» entonnés à plein poumons, la réalité du terrain rattrape assez vite les plus lucides. «Si on fait match nul, ça sera déjà bien», prévient Prezmyslaw, un jeune supporter de 20 ans. Histoire tumultueuse oblige, un match contre le voisin russe dépasse toujours un peu le cadre du football. L’ancien international, Jacek Back, préfère relativiser la charge émotionnelle et nationaliste. «Bien sûr que c’est toujours un match particulier, conçoit l’ancien défenseur passé par Lyon et Lens. Mais les joueurs n’ont pas besoin de ça pour se motiver. Ils n’y penseront pas d’ailleurs.»
Même avec la pire mauvaise foi au monde, les Polonais sont bien obligés de reconnaître la supériorité de la Russie. Si on se fie à l’entame de tournoi des deux sélections. Le 4-1 infligé aux Tchèques par Archavine et ses partenaires a marqué les esprits. Jaceck Bak craint le pire si son équipe réédite la même seconde période que face à la Grèce (1-1). «Je n’ai toujours pas compris ce qui est arrivé. A 1-0, l’équipe s’est arrêtée de jouer. Notre force, c’est l’enthousiasme et la vitesse. Or, j’ai l’impression que les joueurs sont bloqués par le stress.»
Obraniak menacé?
Et il n’y pas qu’eux. La presse locale a taillé un costard au sélectionneur, Franciszek Smuda. Elle lui reproche son absence de changement (à part celui forcé pour faire rentrer le gardien, Przemyslaw Tyton). «Smuda a été écrasé par la pression selon moi, avance Bak. C’est un entraîneur qui n’aime pas changer son équipe. »
La pression populaire va peut-être l’inciter à revoir ses plans. Ludovic Obraniak pourrait en faire les frais. Jacek Bak le craint et voit Smuda lancé le véloce Adrian Mierzejewski à sa place. «J’aime beaucoup Ludovic. Il est peut-être le plus fort techniquement de l’équipe. Mais sans être mauvais, je trouve que l’on n’a a pas vu l’Obraniak de la fin de saison avec Bordeaux.» Avec ou sans l’un de ses deux Français (Damien Perquis devrait débuter en défense), les Polonais ne demandent qu’une chose: que la fête ne continue pas sans eux.



















