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Roland-Garros: David Ferrer en fin à l'aise dans son jardin d'Ibère

Roland-Garros: David Ferrer en fin à l'aise dans son jardin d'Ibère

TENNISLe sixième mondial affronte son ami Rafael Nadal pour une place en finale du tournoi...
Romain Scotto

Romain Scotto

«Le cobra», «le pou», «Pics», «le torreador», «la mobylette» «Little beast» ou «le gladiateur». A 30 ans, David Ferrer ne manque pas de surnoms sur le circuit. L’Espagnol n’en revendique pourtant qu’un seul: «Ferru», en référence à sa solidité et son endurance sur un court. Depuis qu’il est passé pro, il y a douze ans, le 6e joueur mondial n’a jamais changé sa ligne de conduite, lui qui court inlassablement et construit toutes ses victoires sur son jeu de jambe.

«Il a un déplacement extraordinaire. Il est sans doute le meilleur du monde dans ce domaine», résume son ami Rafael Nadal qui l’affrontera vendredi en demi-finale. «David mérite mieux qu'une demi-finale ici, c'est certain, mais j'espère que ce n'est pas pour cette année». Avant de sortir Andy Murray mercredi, le spécialiste de la terre battue avait toujours calé en quart de finale à Roland-Garros, un tournoi qui le fascine depuis les années Bruguera.

Il impressionne McEnroe

«C’est un des rares types que j'aie jamais vu qui soit meilleur à 30 ans qu'il ne l'était à 25, s’étonne John McEnroe, en lice dans le tournoi des Légendes. Je n'arrive pas à croire à ses progrès. Réfléchissez à ce qu'il a fait, c'est un poids moyen qui joue contre un poids lourd. Je le respecte et l’admire énormément.» Avec son 1,75m, Ferrer fait effectivement figure d’attraction dans un Top 10 squatté par les géants. Alex Corretja, le nouveau capitaine de Coupe Davis espagnol, ne résume pourtant pas son jeu à celui d’un marathonien. Ferrer cherche toujours à repousser son adversaire pour faire le point, comme le lui demande Javier Piles, le coach de ses débuts aux méthodes drastiques.

«On travaille six heures par jour, quatre heures le matin et deux heures l’après-midi. Quand David était plus jeune et qu’il ne voulait pas travailler, je l’enfermais à clé dans une pièce sombre de 2m². C’était l’endroit où on stockait les balles.» Quinze ans après, l’anecdote fait sourire le joueur. Mais elle lui rappelle aussi l’époque où il menaçait d’arrêter le tennis pour travailler sur des chantiers. Cela n’a duré qu’une semaine. «J’ai compris que le tennis, finalement, ce n’était pas si désagréable que ça», raconte l’ami de Nadal, avec qui il partage des parties sur PlayStation pendant les tournois. Manette en main, Ferrer a l’habitude de faire trembler le numéro 2 mondial. Ce devrait être un peu plus compliqué pour lui, vendredi sur le Central.