Roland-Garros: Jo-Wilfried Tsonga, à un point de l'exploit
TENNIS•Le Français quitte le tournoi en quart de finale, malgré quatre balles de match contre Novak Djokovic...Romain Scotto
En se repassant le film de son quart de finale, quelques minutes après le match, Jo-Wilfried Tsonga comprend peu à peu ce qui le sépare d’une place dans le dernier carré du tournoi. Un tout petit point qui aurait pu basculer en sa faveur sur un smash pleine ligne ou un coup droit dans le filet. Face à Novak Djokovic, le Français a touché du doigt «ce dont il avait vraiment envie». Mais en laissant filer quatre balles de match, il a vu claquer sur ses doigts les portes des demi-finales.
«Perdre un match comme ça, il n’y a rien de plus dur pour un joueur», glisse le DTN Patrice Hagelauer. Devant son public, en jouant son meilleur tennis, le Français a vécu «la défaite la plus difficile de sa carrière». Le genre de match qui pousse un joueur à un lavage de cerveau en regagnant son vestiaire. «Il y avait de la fatigue. Il y a de la frustration, de la déception. On a envie de casser toutes ses raquettes. On a envie de crier. On a envie de pleurer. On a envie de rigoler en disant: “C’est une blague, comment j'ai fait pour perdre ce match?” On a envie de se réveiller.»
Il y a deux vainqueurs
C’est auprès de ses proches, venus en masse le réconforter dans le salon des joueurs, que «Jo» a rouvert les yeux. Pour eux, comme pour les cadres du tennis français, le 5e joueur mondial a perdu mais reste le vainqueur moral de ce match. «C’est toute la beauté de ce sport, analyse Pioline. C’est rare, mais je trouve qu’il y a deux vainqueurs. Ce qu’il a fait, il va s’en souvenir et on va s’en souvenir.» Même s’il ne rejoint pas Leconte, Roger-Vasselin, Noah ou Monfils, les derniers Français demi-finalistes sur le Central, Tsonga a montré qu’il en était capable.
Arnaud Di Pasquale, responsable du haut niveau, ne l’avait jamais vu à ce niveau-là sur cette surface. Pour lui, le Français a bien franchi un cap et il ne sera pas si difficile de repartir au combat: «Ce sera dur, mais il va prendre conscience de quelque chose. Il faut qu’il ambitionne d’aller jusqu’au bout maintenant. Il peut se dire qu’il se rapproche. C’est un petit pas de plus vers l’excellence.» Naïvement, une amie du joueur l’interrogeait sur la suite du programme, mardi soir. «On va faire la fête, hein?» Réponse posée de Tsonga. «Euh, on va aller manger tous ensemble d’abord.» Preuve que tout n’est pas si indigeste dans cette journée mémorable.



















