Top 14: L'Aviron Bayonnais joue son avenir dans le derby basque

RUGBY Face à Biarritz, une défaite condamnerait Bayonne à la Pro D2...

Reuters

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Bayonne a dominé de justesse Perpignan (18-16) au terme d'une prestation inégale, profitant de sa petite victoire pour sortir de la zone rouge.
Bayonne a dominé de justesse Perpignan (18-16) au terme d'une prestation inégale, profitant de sa petite victoire pour sortir de la zone rouge. — Gaizka Iroz afp.com

L'Aviron Bayonnais, en position de relégable à quatre journées de la fin de la saison régulière, jouera sa place dans le Top 14 samedi face à son voisin de Biarritz lors d'un 101e derby basque de tous les dangers pour les ciel et blanc. Treizièmes avec six points de retard sur le premier non-relégable, Perpignan - qui devait recevoir Toulouse vendredi - et sept sur l'Union Bordeaux-Bègles, les Bayonnais ne peuvent se permettre le moindre faux pas dans un stade Jean-Dauger où le match se jouera à guichets fermés devant 17.000 spectateurs.

Le derby basque est toujours un événement entre Bayonne et Biarritz, deux clubs dont les stades sont distants de moins de 10 km et que tout oppose depuis le début de leur histoire. Le contentieux entre les deux clubs, notamment après le match aller où un incident rare, l'entrée sur le terrain du père de l'international biarrot Imanol Harinordoquy venu participer à une bagarre impliquant son fils, avait tendu les relations.

Mais cette fois, pour les Bayonnais, l'enjeu sportif passera avant tout autre considération. «Avant de penser au derby, nous penserons déjà à nous maintenir. Une victoire sera peut-être plus savoureuse puisqu'il s'agit du derby», assure Lionel Mazars, capitaine en l'absence de Marc Baget, touché à une épaule.

Une saison ratée malgré un recrutement cinq étoiles

Ce derby est pour Bayonne l'une des dernières étapes d'une saison ratée dans un club qui a multiplié mauvais résultats et mauvaises décisions. Après 22 journées, le bilan est décevant: six matches gagnés sur 22 disputés en championnat. Pourtant, sur le papier, le recrutement avait été flamboyant avec notamment les arrivées de l'international français Cédric Heymans, de trois All Blacks - l'ailier Joe Rokocoko, le pilier Neemia Tialata et le troisième ligne Sione Lauaki - et du demi de mêlée international gallois Mike Philips.

Mais privé de ses mondialistes en début de saison et diminué par les blessures, l'Aviron n'a pas confirmé sur le terrain. Les changements de présidents - trois en un an dont l'actuel, le lunetier Alain Afflelou, qui nie avoir été démissionnaire la semaine dernière quand dans l'entourage du club la rumeur a couru - , ont également savonné la planche.

Les changements de staff avec trois équipes depuis le début de saison, dont le passage éclair de Jean-Pierre Elissalde remercié au bout de 40 jours, ont miné un club qui cherche l'oxygène et reste sur une déroute à Perpignan (47-9).

Alors, encore une fois les joueurs de l'Aviron s'en remettront à leur public, celui dont on dit qu'il est le meilleur de France. «C'est important de se sentir poussé et soutenu par des milliers de personnes. Même si c'est compliqué pour eux à vivre, même s'ils consentent de gros sacrifices pour venir au stade, pendant 80 minutes nous aurons besoin d'eux», dit Lionel Mazars.