Nenê, Ancelotti, pression du titre... Dans la tête des joueurs du PSG
FOOTBALL•Yvon Trotel, psychologue du sport qui intervient avec des joueurs et des clubs de Ligue 1, décrypte l'état psychique des Parisiens...Antoine Maes
Au PSG plus que nulle part ailleurs en France, la dimension psychologique est essentielle. Alors que les Parisiens traînent leur peine en plein sprint final, Yvon Trotel psychologue du sport, décrypte les dossiers qui peuvent ralentir le club de Leonardo.
Nenê et le complexe de l’enfant gâté Manque de bol, l’un des Parisiens les plus décisifs cette saison est aussi un râleur patenté. Nenê (13 buts, 5 passes) a boudé samedi sur le banc de Nancy, puis s’est excusé, comme un enfant pris en flagrant délit. «C’est compliqué, parce que c’est une personnalité qu’on connaît médiatiquement assez bien, mais qu’en fait on ne connaît pas du tout, prévient Yvon Trotel. Mais c’est un problème qui se gère. Ce qui est toujours difficile, c’est déterminer la position qu’occupe le joueur par rapport au club. Est-ce un élément incontournable dans le club? Est-ce qu’il est plus grand que le club? Ou est-ce que le manager est plus grand que le joueur? Un certain nombre de joueurs Français qui avaient des problèmes de comportement sont allés en Angleterre, et ont compris que le club était plus grand qu’eux. Mais le PSG d’aujourd’hui n’est pas encore un grand club. On n’est ni au Real, ni au Barça, ni même à Arsenal», assure le psychologue.
Carlo Ancelotti et la théorie du père envahissant Si la stature de «Carletto» a fait beaucoup de bruit à son arrivée, l’Italien ne semble pas encore donner sa pleine mesure au PSG. Son bilan n’est d’ailleurs pas sensiblement meilleur que celui de son prédécesseur, Antoine Kombouaré. Ancelotti peut-il bloquer ses joueurs, dont les trois-quarts n’ont pas sa notoriété? «On peut trouver un ou deux cas particuliers. Mais la plupart des joueurs comprennent rapidement que c’est une véritable opportunité pour eux. Après, pour un certain nombre, ça va les mettre plutôt en panique au niveau de la performance. Donc disons que, globalement, le solde est positif. D’une manière générale, c’est toujours plus facile à gérer quand on est un manager de renom. C’est le gros avantage que peut avoir un Ancelotti, par rapport à un entraîneur considéré comme de moindre envergure», promet Yvon Trotel.
L’obligation du titre et la peur du vide En Ligue 1, beaucoup d’équipes font du titre un objectif. Mais ce n’est jamais une obligation. Sauf pour le PSG, où une saison blanche apparaitrait comme un échec retentissant. Quand Leonardo assure depuis août 2011 vouloir devenir champion, engendre-t-il un blocage chez ses joueurs? «Il y a trois niveaux d’objectif: la routine, la performance, et le défi. Ce dernier n’est pas tenable en championnat, ça convient aux équipes de coupe. Mais le fait qu’on dise à cette équipe du PSG "voilà, vous êtes programmé pour être champion", ne veut pas dire qu’on les met en mode défi. Quand on voit le calendrier, qu’ils restent en mode performance, qu’ils ne sur-jouent pas. Il y a 24 points à prendre, qu’ils prennent 20 points ce ne sera pas complètement stupide. Il y a des gens qui ont la culture de la performance. Et c’est vrai que chez nous on ne l’a pas. On dit que peut-être, on va essayer... Il est quand même souhaitable qu’on est cette culture de la performance. Et qu’on dise aux gens, "voilà l’objectif c’est d’être 1er"». En attendant, au PSG, celui-ci est encore loin d’être assuré.


















