Valérien Ismaël: «Au Bayern, un joueur commet une erreur individuelle à chaque match»
FOOTBALL•Ancien joueur du Bayern Munich, l'ex-défenseur qui s'occupe aujourd'hui de l'équipes de jeunes d'Hanovre livre les secrets du Bayern...Propos recueillis Antoine Maes
A 37 ans, il a raccroché les crampons, mais ne s’est pas éloigné des terrains. Valérien Ismaël, ancien défenseur de Strasbourg et Lens en France et du Werder Brême et Bayern Munich en Allemagne, est aujourd’hui responsable des U23 d’Hanovre. Le week-end dernier, l’équipe première s’est inclinée chez les Bavarois (2-1) «mais il y avait moyen de ramener mieux». Son regard est précieux sur les chances de l’OM face à l’armada bavaroise, mais encore plus sur la formation, lui qui vit de l’intérieur le modèle allemand.
Quel est la clé si l’OM veut se qualifier pour les demi-finales contre le Bayern Munich?
Ce sera très important de réussir à bloquer les couloirs, à rester bien compact. Il ne faut pas leur donner d’espace, d’élan. Le jeu du Bayern a besoin de vitesse, pour Ribéry et Robben. Ces deux-là ne sont pas LA clé, mais c’est une des clés. Il faut être courageux, ne pas subir. Ensuite, il faudra que les Marseillais jouent leur chance à fond devant.
Le point faible de Munich, c’est sa défense?
A chaque match, un joueur commet une erreur individuelle ou tactique. L’OM aura au moins une occasion.
Comment est perçue l’équipe de Marseille en Allemagne?
C’est une équipe de renom, assez connue. Parce qu’ils ont eu des Allemands chez eux, comme Klaus Allofs comme joueur ou Franz Beckenbauer comme entraîneur. Après, tout le monde sait que l’OM ne fait pas une très bonne saison. Donc le Bayern se met volontiers en position de favori. Ils n’ont pas de problème avec ça, d’autant qu’ils sont tous très motivés à l’idée de jouer la finale dans leur stade.
On a l’impression qu’il y a un décalage entre l’image de Franck Ribéry outre-Rhin et en France…
C’est une des stars de la Bundesliga. Il fait une saison fantastique. Pas au niveau de sa toute première ici, mais quand même. On sent qu’il a envie de faire quelque chose avec le club et avec l’équipe de France. C’est un Franck rajeunissant.
Vous vous occupez de la réserve de Hanovre (7e de Bundesliga), où vous êtes particulièrement en charge des jeunes. Quelle est la différence entre la formation française et la formation allemande?
Ici, le travail est fait dans les détails. Et la mentalité est plus portée vers l’offensive. Dès le plus jeune âge, il y a une culture de la gagne. On s’entraîne dur la semaine, mais la récompense c’est de gagner le week-end. L’objectif est de préparer les jeunes pour que quand ils arrivent chez les pros, ils aient ce regard de la gagne.
La FFF ne vous a pas demandé de jouer les espions pour améliorer la formation en France?
Non… Il y a une grande réflexion en France sur le spectacle proposé. Mais la direction à prendre ne peut venir que de l’équipe de France et de la FFF. Tous les clubs doivent avoir une idée commune offensive. C’est un très gros chantier. L’Allemagne l’a fait à la fin des années 90. Et la France s’est trop endormie sur ses lauriers. Après les titres de 1998 et 2000, on a cru que ça fonctionnerait tout seul.



















