Eric Abidal: une transplantation en question

FOOTBALL Le latéral de Barcelone va subir une transplantation du foie et n'a quasiment aucune chance d'être présent à l'Euro, en juin...

B.V.

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Eric Abidal à la lutte avec le Belge Eden Hazard, le 15 novembre 2011 au Stade de France.
Eric Abidal à la lutte avec le Belge Eden Hazard, le 15 novembre 2011 au Stade de France. — C.PLATIAU/REUTERS

«Dans les prochaines semaines, Eric Abidal va devoir subir une transplantation du foie.» Sec, laconique, froid, le communiqué du FC Barcelone est tombé jeudi, à 13 heures. Un an après avoir été opéré d’une tumeur au foie, le latéral gauche du Barça et de l’équipe de France doit donc s’en faire greffer un nouveau. Et si «Abi» peut déjà compter sur le soutien de son entourage, dont son coéquipier Carles Puyol, «assurant que les joueurs de Barcelone seront à ses côtés», cette nouvelle opération inquiète quant à la suite de la carrière de l’ancien Lyonnais.

Pourquoi doit-il subir une transplantation?

Il y a tout juste un an, Eric Abidal subissait l’ablation d’une grande partie de son foie afin d’en retirer une tumeur. Aujourd’hui, le latéral du Barça est obligé de remplacer ce qu’il reste de son foie. Pourquoi? «Il y a trois possibilités qui expliquent cette nécessité de greffe, explique le docteur. Térèsa Antonini, hépatologue à l’Hôpital Paul-Brousse en région parisienne. Soit le cancer est revenu, auquel cas on ne peut pas réopérer à plusieurs reprises et il faut donc un nouveau foie. Soit le foie qui est resté a trop souffert de l’opération et ne fonctionne pas bien. Enfin, il se peut aussi qu’il y ait eu des complications chirurgicales qui font que le foie ne peut pas être suffisamment performant pour assurer une survie.»

Etait-ce prévu depuis longtemps?

Dans son communiqué, le FC Barcelone explique que cette intervention est «prévue depuis le début du traitement». Pour le docteur Antonini, il est en effet fréquent que l’on «limite l’accès à la greffe en essayant d’abord l’opération», quitte ensuite, en cas d’échec, à revenir à la transplantation. Le cas Abidal n’aurait donc rien d’étonnant. «Souvent, on ne va pas tout de suite vers la transplantation hépatique, poursuit l’hépatologue. Il y a une mortalité importante de 10% après un an et il y a beaucoup plus de personnes en attente que d’organes disponibles.»

Pourra-t-il être à l’Euro et continuer sa carrière de footballeur?

Si la greffe s’opère sans complication, Eric Abidal pourrait dans l’absolu poursuivre sa carrière. «Même si ce n’est pas du foot, il y a quelques années, un transplanté hépatique a remporté des Coupes du monde de windsurf en Australie», cite le docteur Antonini. En revanche, pour l’Euro en juin, le délai est bien trop court. Même si l’opération a lieu «dans les prochaines semaines», comme le précise le club. «Pour une transplantation, on préconise à un patient lambda six mois sans faire de sport, précise l’hépatologue. Déjà, il y a deux à trois semaines d’hospitalisation, puis on ne peut pas faire d’abdominaux ou ce genre d’effort physique car il y a un risque que la cicatrisation se passe mal. Pour un joueur pro, c’est difficile de dire, la période de récupération peut être plus courte. Mais le voir en pleine forme en juin, ce n’est absolument pas pensable, ce serait fou.»