Max Guazzini: «Je suis au courant des choses au Stade français, mais je ne me permettrais pas d'intervenir»

RUGBY L'ancien président du Stade français suit encore avec passion, mais d'un peu plus loin, le parcours de son club de coeur...

Propos recueillis par Bertrand Volpilhac

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Max Guazzini, le président du Stade Français, le 8 janvier 2011, au Stade de France.
Max Guazzini, le président du Stade Français, le 8 janvier 2011, au Stade de France. — A.PIERRE/SIPA

Quand il parle de son Stade français, il pèse chaque mot. Parce qu’il a peur de déroger à son devoir de réserve, mais surtout parce que l’émotion le submerge. Avec des trémolos dans la voix, l’ancien président du «SF» raconte sa nouvelle relation avec son club de cœur, huit mois après en avoir quitté la présidence.

Que faites-vous désormais?
J’ai produit un double album de chant grégorien-latin et on essaye de monter un spectacle pour la rentrée 2013-2014. Aussi, vous savez que j’étais très proche de Dalida, et pour les 25 ans de sa mort, le 3 mai, j’ai enregistré une chanson, une reprise de «Que sont devenues les fleurs?» sur un tribute qui lui est consacré. Et puis j’écris un livre en ce moment.

Une autobiographie?
Oui, c’est un parcours, dans lequel il sera beaucoup question du Stade français, mais à la fin, car il s’est passé d’autres choses avant. C’est beaucoup de travail car j’ai voulu l’écrire tout seul, je préfère que ce soient mes propres mots. J’en ai écrit un peu moins de la moitié, j’espère l’avoir fini avant Noël prochain.

Depuis que vous n’êtes plus président du Stade français [il a laissé sa place à Thomas Savare le 1er juillet dernier, ndlr], ressentez-vous une sorte de vide?
C’est un très mauvais moment à passer. Lorsque vous réalisez en fin mars que vous êtes planté par votre régie publicitaire, que l’argent est parti ailleurs et que vous vous trouvez au pied du mur en cherchant des solutions… [Il soupire]. Ce sont les trois mois les plus difficiles de ma vie. Mais dans la vie, on s’habitue à tout, progressivement. C’est comme quand on perd quelqu’un, c’est dur pendant les six premiers mois. D’ailleurs, quand le championnat a repris, j’ai hésité à regarder le match…

Et finalement, vous suivez avec assiduité le parcours du Stade français?
Oui, je n’ai raté qu'un match cette saison. Mais c’est plus tout à fait la même chose, je n’ai plus le même stress. Avant, je m’emportais parfois pendant les matchs... Maintenant, je peux regarder d’autres équipes jouer plus facilement. A Paris, je suis invité en présidentielle mais je n’y vais pas, je reste dans ma tribune avec mon billet, sur lequel il n’est pas écrit mon nom mais “premier supporter”.

Plusieurs fois cette saison, les joueurs ont faire preuve de leur respect pour vous. Vous restez proche d’eux?
Quand ils m’ont demandé de descendre sur la pelouse du Stade de France face au Racing-Metro, c’était bouleversant. Ça prouve qu’il y a dans cette équipe des gens formidables sur le plan humain. Aujourd’hui, ça m’arrive de dîner avec certains. Vous savez, quand vous êtes allés à la guerre ensemble, forcément, des liens restent.

N’est-ce pas trop dur de ne pas s’ingérer dans les affaires du club?
On m’appelle, je suis au courant des choses, mais en aucun cas je me permettrais de le faire. Mes opinions, je les garde pour moi. Ce serait inconvenant d’en faire part. Il y a une nouvelle direction et j’espère vivement qu’elle réussira.

Imaginez-vous revenir, un jour?
Non, mon histoire de dirigeant au Stade français est finie. Dans un autre club? Ce n’est pas mon destin, je ne suis l’homme que d’un club…

Justement, avec un peu de recul, que retenez-vous de cette histoire?
Ça a été une passion, une folie. On a osé, on a été assez créatifs, et je crois qu’on a fait évoluer pas mal de choses. Déjà, on a introduit le rose dans le sport collectif [Rires]. Je crois qu’on a participé à donner un côté populaire au rugby, et c’est une bonne chose.