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Ski: Emile Allais, la première gloire du ski alpin français, a cent ans

Ski: Emile Allais, la première gloire du ski alpin français, a cent ans

© 2012 AFP

© 2012 AFP

Emile Allais, qui fête ses 100 ans ce samedi, incarne les débuts glorieux du ski alpin français, à qui ce pionnier offrit une première médaille aux jeux Olympiques en 1936 en Bavière sous les yeux d'Adolf Hitler, et un premier titre mondial à Chamonix un an plus tard.

Le centenaire aux yeux clairs, qui recevra pour l'occasion un petit hommage à Megève, sa station de toujours, est un athlète encore alerte qui fait deux heures de vélo d'appartement par jour, selon sa fille Karen. Mais il a dû se résoudre pour la première fois cet hiver à ne plus chausser les skis.

Une passion à laquelle il a consacré sa vie

Le ski, une passion à laquelle il a consacré sa vie. Il en avait découvert les plaisirs, enfant, en faisant le porteur avec son oncle pour les touristes qui commençaient dans l'entre-deux-guerres à s'essayer sur les pentes de la région du Mont-Blanc, dépourvues alors de remontées mécaniques.

En février 1936, le ski alpin, sous la forme seule du combiné, fait ses débuts olympiques aux Jeux de Garmisch-Partenkirchen. Lors de ces JO tout à la gloire de l'Allemagne nazie, le skieur de Megève s'illustre en enlevant la médaille de bronze.

Héros des Championnats du monde à Chamonix

Sur le podium, fidèle aux consignes de son entraîneur, Emile Allais ne fait pas le salut nazi, contrairement aux deux Allemands devant lui, mais il ne peut empêcher le Führer de lui serrer la main. «Je ne pouvais pas refuser. Et à ce moment là, on ne pouvait pas se douter de ce qu'il allait arriver», racontait-il dans un entretien à l'AFP il y a quelques années. En 1937, le héros des Championnats du monde à Chamonix, c'est lui. Avec trois médailles d'or, il devient le tout premier champion du monde du ski alpin français, trente ans avant la période dorée des Killy et Goitschel.

Si une blessure à une cheville en 1939 le fait renoncer à la compétition, Emile Allais va explorer d'autres domaines du ski. D'abord, il met au point une méthode d'enseignement qui prône les virages skis en parallèle, à l'opposé de la technique autrichienne du chasse-neige. Quand l'Ecole du ski français démarre, Emile Allais en est le premier moniteur, père de tous les pulls rouges d'aujourd'hui.

Pisteur et concepteur de skis

Après la guerre, le Haut-Savoyard se lance dans le développement des stations - Sun Valley, Squaw Valley, Telluride aux Etats-Unis, Portillo et la Parva au Chili, Sierra Nevada en Espagne portent sa griffe - et ramène dans les Alpes une machine qu'il détourne de sa fonction première pour damer les pistes. C'est lui qui lance la profession de pisteur, dont il détient également la médaille N.1.

Il collabore aussi avec le fabricant Rossignol à la conception de nouveaux modèles. En 1960, avec ses «Allais 60», Jean Vuarnet est sacré champion olympique de descente à Squaw Valley, sur une piste imaginée par son prédécesseur. A Megève où il vit, Emile Allais a conservé dans un coin la paire en bois qui lui a valu la gloire... il y a déjà trois quarts de siècle.