Euro 2012: Les Experts font l'autopsie de l'échec

HANDBALL Avec deux défaites, l'équipe de France est quasiment éliminée de l'Euro...

Bertrand Volpilhac, en Serbie

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Claude Onesta, lors du match face à la Hongrie, le 20 janvier 2012
Claude Onesta, lors du match face à la Hongrie, le 20 janvier 2012 — L.BALOGH/REUTERS

De notre envoyé spécial à Novi Sad,

Avec quelques heures de recul, la pilule a toujours autant de mal à passer. Le coup de massue reçu vendredi soir par l’équipe de France face à la Hongrie, l’éliminant quasiment définitivement de la course aux demies, remet en cause beaucoup de chose dans cette machine que l’on croyait imperméable à la panne. Autopsie d’un échec.

Une préparation ratée

Ses inquiétudes étaient donc justifiées. Insatisfait de la préparation des Français pour cet Euro, Claude Onesta, le sélectionneur, assure aujourd’hui que «les joueurs ne sont pas arrivés dans cette compétition suffisamment mobilisés. On s’est contenté de ce que chacun voulait bien déclarer, en disant qu’il était prêt, déterminé. D’évidence, on a pas réussi à amener l’équipe dans cette compétition dans les meilleurs conditions.» Son capitaine, Jérôme Fernandez, embraye sur le même ton: «Peut-être qu’on a un peu perdu de vue le niveau d’exigence car ça fait un an qu’on fait que des matchs amicaux, qu’on n’a pas eu de matchs difficiles. On n’était pas assez prêt à ce niveau d’exigence.»

Une faillite individuelle

Si Thierry Omeyer a raté son match contre l’Espagne, que Jérôme Fernandez ou Daniel Narcisse sont passés à côté face à la Hongrie, le demi-centre Nikola Karabatic a traversé son Euro comme un fantôme. Bref, même pour la prétendue meilleure équipe du monde, tout ça fait beaucoup de faillites individuelles. Onesta: «Si on additionne les statistiques de Karabatic, Fernandez, Narcisse et de Barachet, on est dans un niveau de performance qui est catastrophique. Est-ce qu’on peut l’envisager quand on connait la valeur des ces joueurs-là? On sait qu’à tour de rôle un sera en difficulté, mais que les autres seront là. On ne peut pas prévoir la situation où tout le monde est nul.»

Le spectre des Jeux Olympiques

Quand on leur demandait si les Jeux Olympiques de Londres, prévus dans six mois et pour lesquels ils sont les seuls déjà qualifiés, allaient entamer leur motivation, les Experts juraient que non. Reste qu’après cet Euro, la question a trouvé sa réponse: «En étant qualifiés pour tout, on finit par se dire qu’on  va tout jouer, souffle Onesta. Mais est-ce qu’au fond de nous on est vraiment persuadés qu’on va tout jouer? D’évidence, les Jeux sont de loin ce qui nous attire et nous mobilise le plus.» Jérôme Fernandez, lui, avoue qu’il est toujours plus difficile de jouer contre «des équipes qui jouent leur vie» , et «que c’est peut-être le petit plus qui nous a manqué et qu’on pouvait avoir avant.» Le pivot Bertrand Gille, lui, a plus de mal avec cette explication: «Personne ne cherche d’excuse. On n’a pas été bons, on n’a pas été bons, c’est tout.» Et c’est sans doute la raison principale de cet échec.