Dakar 2012: Pilote-copilote, un couple comme un autre sur le Dakar

RALLYE-RAID La réussite d'un équipage est une question de relations humaines...

Romain Scotto, à Iquique (Chili)

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En rallye-raid aussi, certaines histoires semblent écrites «pour la vie» et d’autres finissent en divorce. Sur le Dakar, cela se traduit par des portières qui claquent et des road-books qui volent. Les spécialistes sont unanimes: un équipage ne fonctionne que s’il existe une relation humaine forte entre un pilote et son copilote. Il n’est pas question d’amour (quoique certains soient mariés, d’autres concubins), mais d’une alchimie qui permet à deux sportifs d’exercer au mieux leur discipline.

«Après 25 ans passés en rallye-raid, c’est mon sentiment», indique Alain Guéhennec, associé cette année au japonais Mitsuhashi. Ce copilote expérimenté n’a jamais su «faire semblant». Si le courant ne passe pas avec son pilote, son analyse du road-book est forcément altérée. «J’ai fait des expériences malheureuses. Au niveau humain, il manquait quelque chose et ça s’est ressenti en course. Je ne dis pas qu’il faut être de grands amis, mais il y a un minimum de relationnel à avoir sinon, ça ne fonctionne pas.»

Le Breton se souvient notamment de sa collaboration chaotique en 2009 avec l’Argentin Terranova. Dans l’habitacle, les réflexions fusaient. «Je n’avais pas la tête libérée pour travailler. Le jour où on a abandonné, j’étais presque content. C’est la première fois que ça m’arrive.» Cette année, à Chilecito, il n’a donc  pas été étonné quand ce même Terranova en est venu aux mains avec son nouvel associé, Andy Grider. Le lendemain, le copilote avait fait ses bagages, refusant de poursuivre le rallye avec quelqu’un qui l’insultait. Il y a quelques années, Carlos Souza avait aussi abandonné son copilote dans les dunes, avant de faire demi-tour quelques kilomètres plus loin.

«Gérer le stress ambiant»

D’une manière générale, c’est le pilote qui choisit son second. Ces incidents étonnent donc Jean-Marc Fortin, le copilote de Kristof Holowczyc, troisième au général: «Tu peux avoir une petite friction sur un truc pendant la spéciale. Mais si tu as du respect pour le pilote, c’est oublié au bout d’une minute. La discussion s’arrête là.» Michel Périn, le second de Nani Roma, est aussi un adepte de la méthode douce. «Il faut gérer le stress ambiant, ne pas faire d’erreur ou les régler rapidement.»

Pour lui, les soucis interviennent quand le copilote ne saisit pas bien les demandes du pilote. Il est capital pour un navigateur de savoir «sur quel terrain et dans quelles conditions un pilote est à l’aise. Et quand il est en difficulté.» L’anticipation est son maître mot pour éviter les scène de ménage. Preuve qu’il existe plusieurs façons de réguler la pression sur une voiture.