Dakar 2012: Parlez-vous le langage du rallye?

RALLYE-RAID Parce que dans le bivouac, on aurait bien besoin d'un traducteur de temps en temps...

Romain Scotto à San Rafael (Argentine)

— 

Le pilote français Stéphane Péterhansel, lors du Dakar, le 1er janvier 2012, entre Mar Del Plata et Santa Rosa De La Pampa.
Le pilote français Stéphane Péterhansel, lors du Dakar, le 1er janvier 2012, entre Mar Del Plata et Santa Rosa De La Pampa. — J.Naegelen/REUTERS

A moins d’avoir fait un BTS mécanique ou d’être un expert de la navigation en milieu hostile, inutile de suivre une conversation entre deux puristes du Dakar. Le rallye-raid est d’abord un monde de passionnés, avec ses codes et son langage. Pour comprendre cette «novlangue» du désert, voici un lexique franco-technique du Dakar…

Iritrack: Un nom de dinosaure ou de tractopelle pour désigner un engin plus petit qu’une boîte à chaussures (taille 36). Sans ce boîtier obligatoire, les concurrents ne pourraient pas être localisés. «Il assure un suivi satellite», avance Jean-Emmanuel Guigues, l’instructeur responsable de ces machines. «C’est aussi un système d’alerte et un moyen de télécommunication puisqu’on peut établir une liaison téléphonique.» En cas ce choc, d’accident grave ou si un véhicule est immobilisé plus de trois minutes sans raison apparente, l’Iritrack envoie immédiatement un message d’alerte. La survie d’un pilote tient parfois à cela.

Spéciale: Il y a trois niveaux de langages pour parler de la course sur le Dakar. Pour désigner les parties chronométrées du rallye, le béotien évoque une «étape», ce qui n’est pas totalement faux. Le visiteur intéressé et tous les pilotes parlent plus communément d’une «spéciale». Quant aux Bertrand Renard de la course, ils emploierait l’expression «secteur sélectif» afin de différencier ces zones aux liaisons, qui elles, ne sont pas chronométrées.

Système Sentinel: Les embouteillages sont plus rares dans le désert chilien que sur le périph’ parisien, mais il arrive parfois qu’un pilote ait envie de faire chauffer le klaxon. C’est là qu’intervient le système Sentinel, avertisseur sonore stridulent qui permet à deux véhicules de communiquer. Le bouton est activé par les pilotes en cas de dépassement imminent, ou quand un véhicule est bloqué derrière une dune, afin de prévenir les autres de son positionnement. Dans ces cas là, tout refus d’obtempérer peut être sanctionné par des pénalités.

Road Book: Virage à gauche serré, grande ligne droite, village à 400m, courbe à gauche dangereuse. Voilà les messages que les pilotes lisent sur les schémas de leur road book. Arrimé au guidon des motos ou dans les mains du copilote auto, ce boîtier permet de faire défiler les infos du parcours, soigneusement enroulées en bobines la veille au bivouac. Pour info, les motards ne tournent pas la manivelle de leur road book manuellement. Un petit moteur électrique leur permet de garder les mains sur le guidon. Et les yeux sur la route.

Fech Fech: «Demain l’étape sera très dure, on va entrer dans des zones de fech-fech.» Cette phrase, les pilotes la prononcent en général à l’abord d’une zone désertique, quand le sable a la consistance de la farine. Autant dire que seuls les spécialistes des dunes apprécient ce type de terrain, typique du Sahara. En Amérique du sud, les organisateurs tentent de limiter les passages dans ces zones poussiéreuses qui encrassent les habitacles et freinent les véhicules. L’ingrédient parfait du Dakar à l’ancienne.

Delta: Alpha, Bravo, Charlie, Delta, Echo, Foxtrot, Golf, Hotel, India, Juliet, etc. Les fameux mots de reconnaissance internationale des lettres de l’alphabet ont trouvé leur place sur le Dakar. La plupart des véhicules d’organisation sont affublés de ces noms de code. En montant dans «Delta», vous passez ainsi la journée au côté du directeur de course, Etienne Lavigne. Un appel à «Papa Charly» et vous êtes en relation avec le PC course. Pour un simple trajet en bus, en revanche, ce sera «Whisky 1» ou «Whisky 2».