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Dakar 2012: Comment les petits nouveaux appréhendent la course?
RALLYE-RAID•Entre angoisse et excitation, les bizuths, évoquent leur sentiment à quelques heures du départ de Mar Del Plata...Propos recueillis par Romain Scotto à Mar Del Plata (Argentine)
Sur le front de mer de Mar Del Plata, d’où s’élancera le Dakar, dimanche, les petits nouveaux de la course découvrent les joies des dernières vérifications, administratives et techniques. Un passage obligé avant de passer la première et découvrir les territoires qu’ils n’ont vu qu’à la télé. Pour tous ces bizuths du Dakar, l’objectif est d’abord d’apprendre. Et si possible, de rallier l’arrivée…
Sébastien Coué, 34 ans, motard. «Je me suis entraîné sous le pont de Saint-Nazaire»
«Pour être là, j’ai pris une année sabbatique. J’ai arrêté de travailler pour monter mon projet. Trouver des partenaires financiers. Ça coute énormément d’argent. 100.000 euros environ. J’ai des partenaires en Bretagne puisque je suis le seul Breton, fier de représenter ma région. J’ai même des Hermines sur mon casque! Je ressens une grosse envie de partir parce que ça fait longtemps que je n’ai pas fait de moto avec toute la préparation. Il y a aussi une appréhension parce que ça reste risqué. Il y a beaucoup de pièges, le désert est hostile. Je ne connais pas les dunes. Il n’y en a pas chez moi, même si je m’entraîne un peu dans le sable sous le pont de Saint-Nazaire. Il y a des petits tas, mais c’est trois fois rien. D’où mon appréhension. C’est quand même mon rêve qui se réalise. On voit l’engouement qu’il y a dans la ville. Ça monte en pression. Le Dakar, C’est le mastodonte des rallyes. L’objectif est d’arriver à Lima quel que soit le classement.»
Pierre Thueil, 60 ans, copilote auto. «J’ai toujours été un peu inconscient»
«Je participe à la course au côté de mon fils. C’était son rêve d’enfance, j’essaye de le mener à bout. Ce n’était pas ma vocation. Quand il m’a demandé de le faire, je l’ai traité de fou. Ma femme était dans le coup. Mais je n’ai pas peur. J’ai toujours été un peu inconscient. Et je vais continuer jusqu’à ma mort. J’ai la boule au ventre bien sûr, mais ça ne me fait pas peur. Ce qui m’angoisse un peu, c’est de voir des accidents, des voitures qui prennent feu. Et puis la mécanique. A l’origine, je suis peintre, je ne m’y connais pas. Je sais juste changer une roue. J’ai aussi peur de passer une nuit, deux, voire trois sans dormir. Le but, c’est d’arriver à bon port. Le classement, on n’en a rien à foutre. Qu’on le termine déjà ce sera déjà beaucoup. Peu importe la place.»
Matthieu Lagrive, 32 ans, motard. «J’ai dû passer mon permis moto pour participer»
«Je suis totalement dans l’inconnu. Je n’ai aucune idée de ce que je vais rencontrer. Et aucun stress. Je vais partir et on verra bien ce qu’il se passe. Les dunes, je les ai testées pour la première fois il y a deux semaines au Maroc pour voir ce que c’est. Sinon, je m’entraîne à Narbonne, sur un circuit et en Enduro. Avant la course, j’ai dû passer mon permis moto en novembre, car je ne l’avais pas. Le plus dur pour moi, ça a été de repasser le code. Après, pendant l’examen, il a fallu faire preuve de sagesse. Je n’avais pas l’utilité de ce permis. Je ne roule que sur circuit fermé. Rouler sur la route n’est pas ma passion et je trouve cela dangereux. Normalement, je roule en voiture tout simplement. La moto, ce n’est que pour le plaisir ou la compétition. J’en fais tellement…»
Sébastien Lecoq, 34 ans, motard: «On appréhende les dunes, le manque de sommeil»
«Je suis juste impatient d’être sur la moto. Ça fait peur, oui, on appréhende les dunes. Le manque de sommeil, la fatigue aussi. Je vais passer quinze jours dans la tente, même si ça ne me dérange pas du tout. Je n’ai pas pu m’entraîner plus que ça parce qu’il n’y a pas de dunes chez moi. J’ai fait du physique. Je ne pensais pas plus que ça à cette course à l’origine, ça paraissait trop grand pour moi. Et puis on a trouvé un budget pour aboutir à cela. Ce serait déjà génial de voir Lima. Le résultat, je m’en fiche. J’ai pris conseil auprès de pilotes plus expérimentés qui m’ont livré quelques petits trucs. Des astuces techniques. Il faut rouler tranquille, à son rythme, ne pas paniquer.»



















