Frank Leboeuf: «Des gens font tout pour pourrir le club de Strasbourg»
INTERVIEW•Le champion du monde 98 se désolé de voir le RCS dans un tel état de délabrement...Propos recueillis par Romain Scotto
Entre les répétitions de sa prochaine pièce de théâtre et la préparation du commentaire du championnat du monde des clubs sur NT1, l’ancien joueur strasbourgeois évoque la situation d’un club qu’il ne reconnaît plus. S’il souhaite un jour donner un coup de main en tant que manager ou conseiller sportif, il attendra que les meubles soient dépoussiérés…
Comment ce club a pu en arriver là? Et comment peut-il s’en sortir mis à part en gagnant des matchs?
Je crois qu’il faut dépoussiérer les meubles. Il y a des fantômes dans ce club, ça a toujours été le cas. On m'a toujours parlé de Strasbourg comme le petit Marseille. Il y a tout le potentiel pour que ça reste un grand club, mais il y a des gens qui font tout ce qu’il faut pour que ça reste un petit club. L’année dernière on m’a approché pour devenir entraîneur ou directeur sportif si le club se maintenait. Malheureusement, ils ont été rétrogradés.
Dans ces conditions, vous n’aiderez jamais le club?
C’est clair qu’il est hors de question pour moi de m’investir pour un club qui n’est pas sain. On a l’impression Il y a des gens qui font tout pour pourrir ce club. A Strasbourg, il y a tout pourtant. Les supporters sont extraordinaires. La ville est magnifique, il y a les structures qu’il faut. Mais pas forcément les bonnes personnes au bon endroit. Pour que je m’investisse là-bas, il faudrait des gens de confiance. Du président au magasinier, il faudrait que je connaisse tout le monde. Je fermerais les portes à double tour avec un code, comme une banque.
Qui vous dérange tant à ce jour?
Ah je ne vais pas donner de noms. Je vais garder ça pour moi.
Et à terme, seriez-vous prêts à vous investir financièrement?
Financièrement, non. On veut gagner du pognon, pas en perdre. Je sais bien que dans le football on ne peut pas gagner d’argent. Le football, c’est pour les gens très riches qui ne sont pas connus. C’est pour ça qu’on voit beaucoup de gens arriver. Quand on est connus et qu’on n’a pas autant de pognon que ces gens-là, ça sert à rien. Sinon faut aller à Las Vegas. Au moins, là-bas, on sait pourquoi on le perd.
Le niveau auquel évolue le club a-t-il une incidence?
Non, ce n’est pas la division, c’est la structure qui gêne. Moi j’adore la ville, j’y ai joué cinq ans je me suis régalé. Mais pour l’instant, la structure ne me plait pas. Si je peux apporter quelque chose, et que quelqu’un vient me demander d’aider, c’est avec plaisir.



















