Football (Ligue 1) : le derby qui sent la Ligue des champions

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Un derby sous le signe de la passion. Demain, le Losc (3e) se rendra à Lens (6e), lors de la 36e journée de L1. Il y a longtemps que l'affrontement entre les éternels rivaux n'avait pas recélé autant d'enjeux. « Si on gagne, on élimine un rival dans la course à la Ligue des champions [les Sang et Or ont 5 points de retard] et si on fait un nul, on le maintient à distance », résume Claude Puel, le coach des Dogues.

Personne à Lille n'imagine une défaite, surtout pas les jeunes pousses du Losc. « ça m'embèterait que Lens finisse devant nous au classement », explique le milieu Yohan Cabaye, qui se remémore des affrontements avec « beaucoup d'agressivité et de duels » dans les équipes de jeunes. Une tension que Claude Puel, pourtant natif de Castres, n'a pas trop de peine à saisir, quatre ans après son arrivée dans le Nord : « C'est une tradition qui remonte à loin. Parce qu'on parle de Lille la bourgeoise, alors que paradoxalament, Lens a beaucoup plus de moyens que nous en ce qui concerne le foot. » Même Peter Odemwingie, qui a grandi loin de toute l'agitation liée au derby, mesure la portée du choc. « Des gamins d'à peine 10 ans sont venus me voir cette semaine en me réclamant de gagner samedi », raconte le meilleur réalisateur lillois, auteur de 11 buts cette saison, contre 12 pour Daniel Cousin, son rival artésien. La présence de deux des buteurs les plus prolifiques du Championnat ne garantit pas pour autant un festival offensif. « Comme personne ne veut perdre le derby, les équipes prendront moins de risques », annonce Cabaye.

Antoine Maes