Masters de Londres: Mardy Fish ou la revanche d'un ancien accro à la junk-food
TENNIS•Le prochain adversaire de Jo-Wilfried Tsonga aux Masters n'est plus le même joueur depuis qu'il a perdu 14 kilos...Alexandre Pedro
Il paraît qu’il faut avoir faim pour réussir dans le sport. Mardy Fish a longtemps eu faim. Faim de beignets trempant dans le ketchup et de pizzas avec suppléments jambon. «Mardy poussait la salade avec le pain, la mayonnaise avec les frites, et la crème Chantilly avec le cake», balance Andy Roddick, colocataire du phénomène lors de leurs jeunes années. Un jour, l’Américain a croisé une balance et n’a pas aimé le résultat: 1m88 pour 96 kilos et pas que du muscle. A 27 ans, le jeune marié décide d’arrêter ce régime d’adolescent attardé. «J’étais trop lourd pour mes genoux, c’était intenable», confie ce fan de country.
Deux ans plus tard, 14 kilos en moins et une trentaine de places gagnées au classement ATP, l’ancien accro à la junk-food a sa table aux Masters à Londres, où seuls les huit meilleurs joueurs de la planète sont invités à festoyer. «Quand je pense à tous les matches que j’ai perdus à cause des pizzas, je nourris forcément des regrets», souffle le prochain adversaire de Jo-Wilfried Tsonga.
«Ce n'est pas celui qui bouge le mieux»
En poussant Rafael Nadal au jeu décisif du 3e set, dimanche, Fish a rappelé que son coup de raquette valait bien son coup de fourchette. Tsonga connaît le menu du jour et s’en méfie. «J'aime beaucoup le voir évoluer, c'est un joueur agressif, qui sert très bien, qui retourne bien, qui volleye bien», résume le Français, tombeur de Fish en huitième de finale du dernier US Open.
A 29 ans, Fish n’a plus l’âge pour endosser le costume d’un tennis américain moribond. Même délesté de ses kilos, le numéro 8 mondiale a encore du boulot avant de bouger comme un danseur étoile. «Il fait beaucoup de choses très bien mais ce n'est pas celui qui bouge le mieux. C'est peut-être son seul défaut», pointe un Tsonga bien décidé à lui couper de nouveau l’appétit.



















