Bercy: Roger Federer un peu installé en Master Class

A Bercy, Romain Scotto

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Roger Federer peut enfin porter son trophée consacrant sa victoire sur Jo-Wilfried Tsonga en finale du Masters de Bercy, le 13 novembre 2011.
Roger Federer peut enfin porter son trophée consacrant sa victoire sur Jo-Wilfried Tsonga en finale du Masters de Bercy, le 13 novembre 2011. — MIGUEL MEDINA / AFP

Même à 30 ans et après treize années de carrière, Roger Federer a encore la chance de connaître la joie d’une première fois. Avec les larmes, les bras levés au ciel et les baisers jetés à la foule qui l’accompagnent. A Bercy, le Suisse a réparé l’une des anomalies de son palmarès en remportant l’un des rares Masters 1000 qui lui échappaient encore. Face à lui, Jo-Wilfried Tsonga s’est battu (6-1, 7-6), mais n’est jamais parvenu à enrayer la marche en avant de celui qui est aussi le seul joueur de l’histoire à avoir disputé toutes les finales de Masters 1000 du circuit.

Deux ans et demi après avoir soulevé le trophée de Roland-Garros porte d’Auteuil, le Bâlois s’est aussi offert dimanche à Paris la victoire qui lui permet de ne pas finir la saison sans la moindre victoire en Masters 1000. «Oui, j’ai eu peur de pas en remporter cette année», concède, l’ancien numéro 1 mondial, pas loin du niveau de jeu de ses plus belles années en cette fin de semaine. Contre Tomas Berdych en demi-finale samedi, puis contre Tsonga dimanche, il a effacé un début de tournoi pantelant, où la «malédiction» de Bercy semblait encore lui coller aux baskets.

«Pas d’engueulade avec Mirka à 4h du mat»

Puis l’élève de Paul Annacone, toujours très affûté à une semaine du Masters de Londres, s’est réveillé. Il a retrouvé sa régularité, sa légèreté, malgré les nuits difficiles et un rhume tenace, attrapé pendant la semaine. «La nuit de la finale, une de mes jumelles s’est réveillée à 4h du matin. Mirka l’a prise dans le lit. J’ai dit OK, parce que je ne voulais pas d’engueulade à cette heure là! Je ne sais pas si c’est la meilleure préparation, mais ça a marché», sourit le champion aux 69 victoires sur le circuit ATP.

Dans un POPB toujours prêt à s’enflammer sur tous les coups gagnants de son «Rodgeur», le jeune père de famille s’est laissé porté par un sentiment simple: «Le feu, la faim de jouer un tournoi (qu’il) n’avait jamais gagné.» Dans quelques années, il aurait eu du mal à digérer l’absence de ce trophée sur la cheminée. Mais il explique avec honnêteté les raisons d’une si longue disette à Paris: «C'est le dernier tournoi de la saison… Je ne vais pas dire que ce n’était pas une priorité mais c'était difficile de prendre le dernier tournoi comme le plus grand objectif de l'année», même si cette victoire est la meilleure façon de préparer le Masters de Londres, à partir de la semaine prochaine, où il est tenant du titre. Cela tombe bien, Federer est encore plus libéré quand il dispute un tournoi qu’il a déjà remporté.