Masters1000: Quel avenir pour le tournoi de Bercy?
TENNIS•La survie du tournoi parisien dépend en partie de l'action de son nouveau directeur...Guy Forget n’a pas attendu l’officialisation de sa nomination à la direction du tournoi pour se creuser les méninges. Le successeur de Jean-François Caujolle sait que l’avenir de Bercy est menacé s’il ne réalise pas le programme défini avec Gilbert Ysern et Jean-Gachassin, les pontes de la fédération. Et les défis sont multiples.
Attirer les meilleurs mondiaux. Dès la fermeture des portes du POPB, dimanche soir, le capitaine de Coupe Davis, jouera les VRP de luxe sur le circuit. Plus question d’être snobé par Rafael Nadal et de voir un numéro 1 mondial, Novak Djokovic, jeter l’éponge après deux matchs. Dans son rôle de directeur, Guy Forget est avant tout là pour draguer des joueurs, parfois réticents à l’idée de disputer un énième tournoi dans la saison, juste avant le Masters de Londres. L’année prochaine, le tournoi londonien débutera le lendemain de la finale de Bercy, ce qui ne fait pas vraiment les affaires des promoteurs parisiens. Pourtant Forget ne veut pas entendre parler de surchauffe. «Tu peux jouer quatre matchs ici pour bien te préparer et jouer le Masters. On va tout faire pour rassurer les joueurs par rapport à cela.» Autre argument avancé pour défendre Paris, sa proximité avec Londres. Avant que le Masters migre sur un autre continent en 2013, Djoko, Nadal ou Federer n’ont pas fini d’entendre parler des bienfaits de l’Eurostar.
Régler le problème des conditions de jeu. Trop rapides l’année dernière, trop lents et trop abrasifs cette année. Les réflexions sur les courts et les balles de Bercy plombent chaque année le début de la semaine parisienne. «Nous cherchons avant tout à ce que le jeu soit attractif, avec des balles vives et un ( ?) terrain adapté, explique Jean-François Caujolle, directeur sortant. Cette année, on a voulu être cohérent par rapport aux tournois précédents et au Masters, c’est tout.» Seulement pour assurer la pérennité du tournoi, l’un des défis de Forget est de lui donner une réelle identité. Selon lui, il n’est pas possible de ralentir constamment le jeu dans un tournoi en salle. A l’avenir, Bercy devrait donc redevenir un rendez-vous «rapide» de la saison. «On ne peut pas dissocier la vitesse d’un court et la qualité de la balle. Je suis contre les courts en indoor avec des surfaces lentes», glisse Forget sans être caricatural: «Parce qu’une finale ici Karlovic - Isner serait ridicule.»
Séduire le public. Le problème est bien connu. Sans têtes d’affiche, pas de public. Mais au-delà du casting, il faut constamment innover à Bercy pour séduire les amateurs de tennis. Chaque année, le tournoi est contraint de drainer au moins 100.000 spectateurs sous peine de perdre son AOC «Masters1000». De ce côté-là, le bilan est positif: «On est encore en progression avec 122.000 spectateurs (contre 115.000 l’année dernière), note Caujolle, persuadé d’avoir fidélisé un public. En cinq ans, l’homme à la mèche grisonnante a réussi à doubler les ventes de la billetterie. Un succès qu’il explique par le repositionnement du tournoi sur de «l’Entertainment». Les matchs du premier tour le dimanche, les night session jusqu’à plus de minuit, les jeux de sons et lumière, les sets de David Guetta entre deux rencontres, c’est lui. «Le rôle de Guy est difficile car il faut entretenir tout ça», professe Caujolle, ravi de son coup marketing. Un vrai défi pour Forget, technicien appliqué, plus connu pour son académisme que ses folies.


















