US Open: Tsonga ne se fait plus une montagne de Federer

TENNIS En quart de finale, le Français affronte le Suisse qu'il a battu lors de leurs deux dernières confrontations...

Romain Scotto

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Le tennisman français Jo-Wilfried Tsonga, lors de sa victoire contre l'Américain Mardy Fish, le 5 septembre 2011 à l'US Open.
Le tennisman français Jo-Wilfried Tsonga, lors de sa victoire contre l'Américain Mardy Fish, le 5 septembre 2011 à l'US Open. — REUTERS

Avec tout le respect qu’il doit à Roger Federer, Jo-Wilfried Tsonga se ferait un plaisir de lui gâcher sa fête d’anniversaire. Mercredi soir, le Suisse s’apprête à fêter son trentième quart de finale en Grand Chelem d’affilée, un pallier que le Français n’avait jamais atteint à l’US Open. Pour s’incruster dans le dernier carré, Tsonga connaît le chemin, lui qui a déjà battu deux fois l’ex-numéro un mondial lors des deux derniers mois. A Wimbledon, puis à Montréal, Tsonga a prouvé qu’il pouvait franchir l’obstacle, quand son physique ne le lâche pas.

Avant les retrouvailles sur le court Arthur Ashe, le 11e joueur mondial refuse pourtant d’évoquer un quelconque ascendant mental. «C'est toujours bon de rester sur deux victoires contre lui. J’arrive sur ce match avec plus de certitudes. Mais contre Roger, les rencontres sont différentes à chaque fois. Il n’y a pas de recette miracle.» Pour Patrice Hagelauer, le DTN, la dimension psychologique joue pourtant réellement: «Avec ses deux victoires, il a démystifié le champion. Prouvé qu’il était capable…» A Wimbledon, Tsonga avait remonté un handicap de deux sets face au Suisse, chose qui ne lui était jamais arrivé en 178 rencontres de Grand Chelem. Un mois et demi plus tard, il  réalisait son «meilleur match» contre Federer, le fessant même 6-1 dans le dernier set. Comme si une barrière psychologique était tombée.

Les bienfaits d’un séjour à Las Vegas

A force de rencontrer ces grands joueurs, on apprend à maîtriser les moments importants comme eux savent le faire. Ils ne perdent jamais leur fil conducteur en cours de match et c'est ce que j’essaye de faire», glisse le Français, irréprochable à New York depuis le début du tournoi. Tombeur de Lu, Bubka, Verdasco et Fish, il allie concentration et puissance physique à chacune de ses sorties. Du travail de pro qui pourrait gêner Federer une nouvelle fois, selon Hagelauer. «Quand il sert bien, il est très, très dur à retourner. C’est lourd, c’est placé. Et ça le met en confiance. Et puis son coup droit… Il peut le frapper dans toutes les positions. Croisé, décroisé, court, long.»

Toujours à la recherche d’un coach, Tsonga évoque aussi un séjour bénéfique à Las Vegas, avant le début du tournoi. Au sein de l’académie d’André Agassi, il a côtoyé Gil Reyes, l’ancien mentor physique du «Kid». «Il m’a apporté plein de choses. Là-bas, ils pensent positif. Même si vous expédiez une balle dans les bâches, ils vous disent que c'est génial.» Mais pas autant qu’une qualification en demi-finale.