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Frédérique Jossinet: «Frustrée pour mon dernier championnat du monde»

Frédérique Jossinet: «Frustrée pour mon dernier championnat du monde»

JUDOLa Française de 35 ans se retirera après les Jeux et ne sera jamais sacrée au niveau mondial...
Propos recueillis par Romain Scotto

Propos recueillis par Romain Scotto

Couverte de titre au niveau européen, la Française ne connaîtra jamais l’or au niveau mondial. Battue à Paris en place de troisième, Frédérique Jossinet quitte ses derniers championnats du monde sans médaille. Confirmant au passage que les Jeux de Londres seront sa dernière occasion de briller à l’échelle internationale.

Quelle analyse tirez-vous de cette journée sans médaille?

A chaud, c’est difficile. Je ressens de la déception… c’est difficile de se préparer toute une saison pour ne pas avoir de médaille à la fin d’un championnat du monde. Surtout que les saisons sont très longues et très chargées. Trop. Du coup, c’est difficile.

Vous en voulez-vous?
Oui… on s’en veut toujours. Si vous me redonnez une chance pour refaire mon quart, j’y retourne. Moi, quand je perds, je veux refaire les combats tout de suite, repartir. Je me dis: pourquoi j’ai fait ça? On a toujours un sentiment de frustration.
Avec votre expérience, vous posez-vous autant de questions qu’à vos débuts?
Autant, oui. Au niveau des questions, j’ai des choses à me prouver, à prouver aux autres. Ça fait partie du haut niveau, de la performance. Mais ce n’est plus le même sport non plus. Le judo a évolué. La densité des catégories est énorme. Là, les huit meilleures de la catégorie étaient en quart. Voilà, j’étais bien… Je suis joueuse et c’est aussi mon défaut principal. J’ai envie d’y aller, de faire du judo. Mais quand on est à un niveau très proche, il faut savoir mettre un peu de côté le judo et faire preuve d’un peu plus de combativité. Là, je ne vais pas mentir, je repars déçue.
Ressentez-vous un ras le bol?
Non, c’est une question étrange. Pourquoi? Parce que j’approche de la fin? Justement, c’est l’inverse. J’ai passé un message aux autres filles de l’équipe de France en leur disant que les années passent tellement vite… que c’est tellement bien de pratiquer sa passion au quotidien qu’il faut savoir en profiter. Moi, ce sont mes derniers championnats du monde et pour certaines, c’est le premier. Un titre, ça se prend, un doublé un triplé aussi. Voilà. En ce qui me concerne, il n’y a pas de ras le bol, au contraire. Ce n’est que du plaisir.
Avez-vous souvent pensé qu’il s’agissait de vos derniers Mondiaux?
Je n’y ai pas pensé du tout. C‘est assez étrange… Je garde le sourire quand même. Ça, c’est l’expérience. En 2008 (aux JO de Pékin), je souriais moins. Voilà, c’étaient mes deniers championnats du monde. J’en ai fait un paquet, et il y a d’autres choses qui arrivent. Tout cela ne change rien en vue des Jeux de Londres. Absolument pas. C’est l’objectif principal de la saison prochaine, mais la saison est longue. Il y a quatre Grands Chelem, pas mal de compètes dans l’année. Les Jeux, ce sera l’aboutissement de la saison.

Comment avez-vous trouvé le public pour cette journée d’ouverture?
Je le trouve bon. C’est un public un peu chauvin. Je suis fière d’être Française, alors je joue le jeu. Il n’y avait pas beaucoup de monde ce matin parce qu’on est en semaine, c’est les vacances. Mais le public va monter en puissance dans les jours à venir. Ça va finir en apothéose samedi et dimanche avec Lucie (Decosse) Teddy (Riner) et les équipes.