Coupe du monde féminine: Le dernier défi de Birgit Prinz

FOOTBALL Critiquée après ses dernières prestations, l'Allemande reste l'icône de son sport pendant la Coupe du monde...

Romain Scotto

— 

La joueuse allemande Birgit Prinz (à dr.) lors d'un match contre la Norvège, le 16 juin 2011.
La joueuse allemande Birgit Prinz (à dr.) lors d'un match contre la Norvège, le 16 juin 2011. — K.Pfaffenbach/REUTERS

C’est le spot publicitaire du moment en Allemagne. Dans un café, un papi et un barman revisitent l’histoire du football. Pour l’un Pelé restera à jamais le plus grand. L’autre défend Maradona. Mais derrière eux, un motard un peu paumé souffle un autre nom: «Birgit Prinz.» Brigitte Prince en Français, l’icône du foot allemand. A 33 ans, l’attaquante dispute sa cinquième Coupe du monde. La dernière aussi, puisqu’elle a annoncé sa retraite à la fin du tournoi.

Si elle joue mardi soir, les Françaises croiseront donc cette Gerd Müller aux jambes douces qui présente un CV à rallonge. Double championne du monde, élue trois fois meilleure joueuse de l’année par la Fifa et victorieuse de trois Ligues des champions avec Francfort, son club depuis douze ans. «C’est un monument, tout simplement, glisse Elisabeth Loisel, ex-sélectionneur des Bleues, actuellement en Allemagne pour le compte de la Fifa. C’est l’une des premières joueuses à avoir vécu du foot. Elle a pu mettre de l’argent de côté sans avoir le statut de professionnelle. Elle a ouvert la voie aux autres.»

Le président de Pérouse voulait l’engager

Présente dans tous les spots de promotion de la «Frauen Weltmeisterschaft», Prinz possède même sa Barbie depuis le début de l’année. La Française Elise Bussaglia, qui l’a croisé à l’hôtel d’Heidelberg parle d’une «grosse masse, impressionnante mais pas intimidante.» Très athlétique, la grande Birgit est d’abord une finisseuse dotée d’une bonne technique. Un mix entre Ballack et Gerd Müller résume Loisel qui a connu la joueuse du temps de sa splendeur. Il y a huit ans, le président de Pérouse, en Serie A, comptait même la recruter. Avant le véto de la Fifa, la joueuse avait pourtant refusé un essai.

Puis, le foot féminin a évolué. Les défenses sont plus resserrées. Depuis le début de sa Coupe du monde, Prinz est à la peine. La star allemande n’a pas apprécié d’être remplacée après la pause face au Nigéria. Dans Bild, Gunter Netzer a réclamé sa tête. L’ancienne gloire de la Mannschaft la compare à un Ballack fatigué et invite la sélectionneuse à la placer sur le banc. «Les gens attendent tellement d’elle que dès qu’elle est un peu moins bien, c’est le coup de tonnerre, tempère Elisabeth loisel Quand on lit la presse allemande, ça fait mal au cœur… Elle est taillée.» Malgré ses 128 buts en 214 matchs, la capitaine est éclipsée par ses jeunes concurrentes, Alexandra Popp ou Fatmire Majramaj. Des joueuses qui mesurent le travail à accomplir avant d’avoir une Barbie à leur effigie.