Roland-Garros: Quand les petites mains jugent les gros bras

TENNIS Les ramasseurs de balles évoquent les joueurs du tournoi...

Romain Scotto, à Roland-Garros

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Rafael Nadal récupère sa serviette auprès d'un ramasseur de balle, lors de son match à Roland-Garros contre Pablo Andujar, le 26 mai 2011.
Rafael Nadal récupère sa serviette auprès d'un ramasseur de balle, lors de son match à Roland-Garros contre Pablo Andujar, le 26 mai 2011. — C.Ena/Sipa

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On les voit galoper aux quatre coins du court, lancer leurs balles, porter un parasol, plier une serviette. Mieux placés que les spectateurs, les ramasseurs sont aux premières loges à Roland-Garros pour apprécier le spectacle. Ils sont aussi les premiers interlocuteurs des joueurs pendant les matchs. Pour les 250 sélectionnés de 12 à 16 ans, côtoyer les champions du circuit est un privilège qu’ils n’oublieront pas.

«La plupart des joueurs sont vraiment sympas, s’émerveille Florent*, 14 ans, licencié dans le Nord. Ils sont concentrés sur leur match, mais te font un petit signe quand tu lances une balle.» Les plus polis, dont Djokovic et Monfils, lâchent même de temps à autre un petit «merci». Mention «cool» également pour Tsonga, Mahut, Chela ou Darcis. Le Belge a séduit les ramasseurs par sa politesse mais étonne par ses superstitions. «Quand il sert, il refuse l’équilibrage (trois balles de chaque côté du court). On doit calculer à chaque fois…» explique Marion, 13 ans.

Petites manies et superstitions

Les petites mains du tournoi doivent aussi s’adapter aux manies de Troicki, qui examine toutes les balles au premier jeu de chaque set. Ou à celles de Richard Gasquet qui réclame toujours sa serviette en boule entre chaque point. «Si tu la déplies, il faut recommencer», s’étonne Quentin, 15 ans. Présent à Roland pour la deuxième fois, il a aussi intégré les tics de Rafael Nadal. «Le truc bizarre, c’est qu’il veut qu’on reste tout près de lui quand il a sa serviette.» D’où l’étrange balai des ramasseurs quand il s’éponge le visage. Gare aussi à celui qui touche ses deux petites bouteilles au pied de sa chaise.

Et Federer? «Il est sympa, mais il ne parle pas», enchaîne l’un de ses camarades. Tout l’inverse d’Andy Murray, en fait. «Lui, il n’arrête pas de parler, mais je ne comprends rien de ce qu’il dit. Tu sais jamais ce qu’il a…» L’Ecossais ne jouit pas d’une très bonne cote auprès des ramasseurs. Mais ce n’est rien à côté d’Arnaud Clément et Michael Llodra. Parmi les ramasseurs du tournoi, leur nom revient en boucle quand il s’agit d’évoquer les joueurs les moins sympas.

Clément et Llodra les moins sympas

«Ce sont les pires», glisse l’un d’entre eux. Clément nous parle comme à des chiens. Il te jette une balle et te dit: ‘vas chercher’. Une fois, deux fois, et il recommence.» «Llodra, il te dit: ‘bouge-toi!’ témoigne un autre ramasseur, préposé au parasol pendant le match du Français. «Normalement, on doit le fermer quand l’arbitre dit ‘reprise’. Lui, il t’engueule et il te dit: ‘c’est moi qui décide. Tu fermes le parasol quand je te le dis.’ Un peu chamboulé, le jeune garçon a a pris beaucoup plus de plaisir en deuxième semaine avec l’entrée en lice des juniors. «Alors eux, ce sont vraiment les plus gentils. Avec les joueurs en fauteuil et les célébrités. Martin Solveig et Lord Kossity nous ont carrément serré la main.» Peut-être parce qu’ils sont d’abord là pour ça.

* Les prénoms ont été modifiés.